mardi 1 août 2017

La perle du mois!


Ah là là les amis, qu'est-ce que ça fait du bien d'être rentrée à la maison.

J'en veux pour preuve mon carnet à perles, qui totalise pas moins de DOUZE PAGES rien que pour juillet.

(Sachant que j'ai 20 pages avant ça qui contiennent à elles seules les années 2013 à 2016.)

(Voilà voilà.)

(Les gens en Nouvelle-Zélande sont vachement moins rigolos.)

Voilà donc la première cuvée du renouveau de cette belle tradition, et crois-moi, elle est belle.

Fais-toi plaiz', rigole bien (si t'as le même humour que moi tu vas rigoler beaucoup) et n'oublie pas de voter pour tes préférées.

On se retrouve bientôt pour des articles en mode 3615 ma vie (je sais que ça t'avait manqué) et bien sûr pour la perle du mois d'août.

(Ce sera le mois de la Foire aux vins, autant dire qu'il va y avoir du GRATINÉ.)


On commence par le traditionnel florilège de Sarah:

1) "Tes oreilles on dirait un mollard." Sarah (à Fla)

2) "Dites-moi ce que vous parlez de moi!!!!" Sarah (bourrée)

3) "Au canoë y'avait plein de canards. C'était cool, j'avais hyper envie de les manger." Sarah (gastronome)

4) "Moi je suis pas faite pour une vie post-apocalyptique. Déjà si tu me dis que je vais plus m'habiller que en jeans et en rangers le reste de ma vie... je préfère me suicider tout de suite!" Sarah (fashion victime for life)

5) "On vivrait heureuses, toi et moi. Dans l'odeur de pisse, mais heureuses." Sarah (nous imaginant vieilles dames aux chats)

6) "All I want for Christmas c'est que quelqu'un tue Mariah Carey." Sarah (toujours en croisade)

7) "Moi j'fais des vannes racistes, c'est les meilleures vannes" Michel Leeb Sarah

8) "Aller voir un prêtre pour des conseils conjugaux, c'est comme demander à un aveugle de choisir ton papier peint" Fla

9) "Elise elle aime beaucoup l'eau. Elle aime aussi beaucoup faire ce qu'on veut pas qu'elle fasse...genre se noyer" Lucie

10) "Tu sais qu'après l'affaire Bertrand Cantat, ils ont dû changer le nom du groupe....ils voulaient Super Trempe mais c'était déjà pris." Jay

11) "J'ai des mains tellement petites, je devrais faire doublure mains dans le porno... Pour l'échelle" moi

12) "En parlant de bukkake, Simone Veil est morte." Flo

13) "Moi je bois pas pour oublier....je bois pour supporter" Fla

14) "Quand j'ai rien dans la vie, j'ai mon zizi." Flo 


Et puis les travaux de groupe:

15) - J'ai pas aimé la fin de The O.A. (Coralie)
- Mais si! C'était magnifique, avec la choré... (Sarah)
- Ah ouais, ils avaient bien l'air con ouais. (Coralie)

16) - Derrière la synagogue y'avait le cabinet de mon psy. (moi)
- Ton psynagogue! (Fla)

17) - J'en ai marre d'être ignoré! (Thomas)
- C'est pas ta faute. C'est juste que tout ce que tu dis, on s'en fout. (Flo)

18) - Il est temps que tu me baises les pieds. (Sarah)
- Heureusement que t'as fini cette phrase. (Thomas)

19) - Ryan Gosling il a un oeil plus haut que l'autre. (moi)
- Mais c'est ça qui le rend charmant! (Sarah)
- Ah! Mais c'est pour ça que tu m'aimes! (Flo)
- ....
- J'ai les oreilles pas alignées!

20) - Si j'avais pas rencontré Fla, je vivrais seule avec douze chats. (moi)
- On vivrait probablement ensemble avec six chats chacune. (Sarah)

21) - J'aime bien les trucs moches. (Fla)
- Regarde Charlotte. (Sarah)

22) - Je suis mal assis, j'ai un poteau entre les jambes. (Fla)
- Prétentieux. (Seb)

23) - Moi quand j'étais petite je croyais pas au Père Noël. (Coralie)
- Mais en fait t'étais rabat-joie dès la naissance, ou comment ça se passait? (Sarah)

24) - Sarah au début c'était pas mon genre. (Flo)
- Cha c'est carrément mon genre...elle est d'accord. (Fla)

25) - T'es un fantôme avec une bite? (Sarah)
- Ouais. Je suis le ghostmiché. (Thomas)

26) - Thomas faut qu'il arrête la branlette, il devient sourd. (Sarah)
- QUOI? (Fla)

27) - Fla et Flo, pour deux frères, vous vous ressemblez pas du tout. (Coralie)
- Y'en a un qui a l'air bourré, et un qui est beau. (Sarah)

28) - Tu peux faire le bruit du cheval? (Thomas)
- Pourquoi? (Sarah)
- Parce que ça va bien avec tes dents. (Flo)

29) - A mon avis ça passe pas de mettre des blagues sexistes sur un affichage du ministère. (moi)
- Sauf si c'est le Ministère Amer! (Fla)
(3615 blague de vieux)

30) - J'ai rien dit de raciste ce soir t'as vu! Et pourtant on est dans l'antre...
- Chut!
- ...de la ping-pongie. (Sarah) (qui d'autre?)

31) - Les bulles de chewing-gum, c'est sympa jusqu'à ce que tu aies une barbe. (Flo)
- Bah Cha devrait arrêter alors. (Fla)

32) - Moi personne m'entend mâcher! (Sarah)
- Oui mais on t'entend beaucoup quand même. (Flo)

33) - Ça sent quoi? Ça sent le... (Thomas)
- CUL! (Sarah)

34) - Tu ressembles à Pocahontas. (Gaëlle)
- Plutôt Portugahontas. (Thomas)

35) - Moi j'aime pas les enfants, mais eux m'aiment bien. (Coralie)
- Peut-être que tu leur rappelle une sorcière de Disney. (Sarah)

36) - Cette mayo est trop difficile à faire sortir. (Fla)
- Ouais, elle est bonne mais elle est hyper chiante. (Sarah)
- Comme ma femme. (Fla)

37) - C'est marqué "skinny" sur la boîte, c'est bien que ça doit faire maigrir. (moi)
- Moi y'a marqué "skinny" sur mes jeans, et je rentre quand même pas dedans. (Sarah)


BON VOTE!

lundi 24 juillet 2017

All hail Bridezilla


Et donc ma meilleure amie a épousé mon beau-frère.

C'était le plus beau jour de sa vie (j'espère), en tout cas c'était le plus beau jour de la mienne ça c'est sûr.

Y'a qu'à regarder ma tronche bien niaise sur absolument toutes les photos:


Parce que c'était mon idée de maquer Sarah avec Flo il y a des années:

- C'est l'idée du siècle!
- Pourquoi?
- Parce que, si j'arrive à les caser ensemble, il y a deux possibilités: ou ça marche pas, ou ça marche et ils restent ensemble pour toujours.
- C'est un peu simplifié, mais admettons.
- Si ça marche pas, tant pis, mais l'avantage c'est qu'ils ont pas besoin de se recroiser parce qu'on gravite pas dans les mêmes cercles, donc ils ont pas à gérer la gêne de devoir se partager leurs amis et tout.
- Okay. Et si ça marche?
- Si ça marche, ils se marient, Sarah devient ma belle-soeur, on a toujours une copine avec nous à chaque réunion de famille, nos enfants deviennent cousins, ils sont liés par les liens du sang, et c'est une amitié indestructible pour toujours et à jamais parce qu'elle est SCELLÉE DANS LE SANG!
- Tu peux arrêter de crier "scellée dans le sang" au milieu du Mac Do?

Et comme je suis la plus forte matchmakeuse du monde Cupidon baisse les yeux la vie est bien faite des fois, Sarah et Flo, ça a bien marché.

Ça a tellement bien marché qu'ils ont emménagé ensemble, puis acheté une maison, puis ENFIN décidé de se marier – après de longues années à devoir convaincre Flo que le mariage c'était super duper, et de toute façon si tu veux des enfants un jour va falloir t'y coller, si tu voulais échapper à la tradition fallait pas te maquer avec une Portugaise.

Flaxou et moi on était tellement contents qu'on a décidé d'avancer notre retour en France de 6 mois rien que pour pouvoir venir au mariage:

- De toute façon on n'a pas vraiment le choix, on est tous les deux témoins.
- Moi j'suis témoin??!
- Ben... il t'a pas dit ton frère?
- Ah non.
- Mais... tu lui as parlé hier!
- Il a dû oublier.
- ...
- Ça lui arrive souvent.

(Flash-back sur une conversation avec Flo, quelques années plus tôt: "Quoi de neuf?" "Oh rien...ah si! On acheté une maison!")

(Voilà voilà.)

Je suis arrivée en France juste deux semaines avant le mariage, donc j'ai heureusement eu une bonne excuse malheureusement pas pu aider comme je l'aurais voulu avec les préparatifs, mais j'ai quand même très vite compris que ce mariage-là n'allait pas vraiment s'organiser à la cool, comme le mien.

(Pour rappel: le thème de mon mariage avec Flaxou était "on est fauchés et on veut faire une grosse teuf avant de se casser en Nouvelle-Zélande".)

(Y'avait des nappes en papier crépon, pas de plan de table, et un bar à chips.)

(Qui, je le maintiens, reste pour moi l'un de mes souvenirs préférés de cette journée.)

(Y'avait des chips goût cheeseburger, clairement on s'était pas foutus de la gueule du monde.)

Mais le thème du mariage de Sarah et Flo, c'était plutôt un mélange entre "Pinterest m'a tuer" (pour le côté "lumières dans des bocaux et rondins de bois partout") et "1984" (pour le côté où on t'ôte toute ta joie de vivre parce que tu vis dans un régime totalitaire).

Attends, j'essaye de reformuler ça plus gentiment: disons que le côté relou méthodique et obsessionnel perfectionniste de Sarah n'a jamais été aussi chiant ne s'est jamais exprimé avec autant d'ardeur.

- Vous faites quoi?
- On peint les ronds de bois avec les noms des tables.
- OK, je peux aider si tu v...
- Ecoute ma belle, pourquoi tu n'irais pas plutôt trier les photos? Hein?
- Tu me fais pas confiance avec un pinceau, c'est ça?
- Exactement.


Et bon, ça encore, je peux comprendre.

(Après tout, Sarah et moi on était en cours d'arts plastiques ensemble, elle a vu de quoi j'étais capable et crois-moi que c'était pas brillant.)

(3615 meuf qui déborde encore des traits en Terminale.)

Mais le jour de la préparation de la salle, ça a pris une ampleur encore jamais vue:

- Sarah, tu veux que je le cache où, le boîtier des petites loupiotes du chemin de table?
- AAAAH!
- Qu'est-ce qu'il y a?
- J'ai pas pensé à ça! Y'a pas d'endroit où on peut cacher le boîtier!
- Mais c'est pas grave, on va trouver...
- TOUT EST FOUTU!
- Je...
- CE MARIAGE EST UN DÉSASTRE!
- Bon.

Et au fur et à mesure que la journée progressait, l'angoisse de Sarah faisait de même:

- Ça va ma belle?
- Mhhm.
- Qu'est-ce que tu fais toute seule dehors?
- J'attends le traiteur. Il a dit qu'il arrivait à 13h.
- Okay.
- Mais là il est 13H04 ET IL EST TOUJOURS PAS LA!
- Oooookay. C'est pas gra...
- Tu penses qu'il est mort?


- Il est mort, chuis sûre. Ce con il s'est renversé dans un fossé quelque part et C'EST LUI QUI A MES FLEURS!!!

(Cette compassion est si émouvante.)

Pendant ce temps, les témoins de Flo préparaient la déco de la salle, et le gros problème avec ces gens, c'est que c'est des blagueurs, et le gros problème avec ce jour, c'est que c'était CLAIREMENT PAS LE MOMENT DE BLAGUER:

- Eh Cha! Regarde!
- Fla, lâche ce morceau de tulle TOUT DE SUITE!
- Mais je suis la plus belle des mariées!


- Ça suffit! Et Thomas, pose ce rouleau immédiatement avant que Sarah te voie!
- Mais je suis la demoiselle d'honneur!

Mais au final, une fois le tulle enlevé de la tête de Fla et posé au plafond, une fois le boîtier à loupiotes habilement dissimulé derrière un rondin de bois, une fois le traiteur arrivé (à 13h14) (le pauvre s'est fait fusiller du regard par Sarah, il a rien compris) et tout mis en place, on pouvait enfin se relaxer.


(Regarde comme on a bien bossé!)

Enfin, c'était presque le moment de se relaxer.

- Fla, c'est toi qui a les alliances. Tu te rappelleras bien d'amener les alliances?
- Bien sûr.
- Cha! C'est Fla qui a les alliances. Tu te rappelleras bien de bien lui rappeler d'amener les alliances?
- Bien sûr.
- VOUS OUBLIEZ! PAS! LES! ALLIANCES!

Le soir, je reçois un appel manqué de Sarah, avec un message:

"Oui, c'était juste pour être sûre que tu avais bien les alliances chez toi, et te rappeler de rappeler à Fla de bien les prendre demain. Merci. pensez aux alliances. Merci. LES ALLIANCES!"

Et puis, le jour du mariage, alors qu'on était en route vers l'église:

Ce à quoi Flaxou me dit:

- Eh, tu sais ce qui serait marrant? Quand le prêtre dit "et maintenant, les alliances", je tapote ma veste et je prends un air paniqué.


- Fla, c'est la pire idée de l'histoire des pires idées.
- Allez quoiiii!
- Non.
- Alleeeeez quoiiiii!
- NON.

Mais sinon, c'était un très beau mariage.

(J'ai pleuré tout mon mascara sur mes joues quand Sarah est entrée dans l'église.)

(C'était si beau et je suis un petit cœur d'artichaut.)

C'était un beau mariage, donc, à part qu'on s'était fait grave arnaquer sur l'église, parce qu'il faisait 32 degrés dehors et que je me suis dit "cool, on sera dans l'église, ça va être une heure chiante à passer mais au moins on sera au frais!"

SAUF QUE NON.

SAUF QUE CARRÉMENT PAS.

SAUF QUE C’ÉTAIT UNE EGLISE MODERNE ET QU'IL FAISAIT HUIT MILLE DEGRÉS.

(Ci-mer les feuillets de messe qui faisaient aussi figure d'éventail de fortune, sans ça on serait tous morts cuits dans notre propre sueur.)

A part ça (et à part ma belle robe de demoiselle d'honneur que j'ai dû décoller de mes fesses quand on a fait lever les témoins) (#élégance #grâce) c'était un super mariage.

Mon seul moment de panique était quand le prêtre a mentionné les alliances, que Fla s'est levé et m'a lancé un regard interrogateur, et que j'ai dû lui faire un geste discret pour lui rappeler que c'était une mauvaise idée:


Heureusement pour son scrotum, Flaxou avait compris qu'il fallait renoncer à faire des blagues à la mariée ce jour-là.

(Plus tard dans la soirée, j'ai appris qu'il avait pitché son idée de blague à tous les témoins, "histoire d'être sûr que c'était pas juste toi qui faisais ta rabat-joie".)

Et puis, une fois sortis de l'église et arrivés à la salle, Sarah était enfin relaxée, et elle a enfin pu profiter de la soir...

- Sarah! Une photo devant l'étang!
- Sarah! Viens faire une photo dans la deux chevaux!
- Sarah! Quand est-ce que tu lances le bouquet?
- Le bisou! Le bisou!

Bon,  je retire ce que j'ai dit.

Nous autres petites gens, en revanche, on a bien kiffé.

D'autant que je t'ai pas encore raconté que le clou de la soirée, c'était quand même UNE RÉPLIQUE DU TRÔNE DE FER:


(Fabriquée entièrement par Flo de ses blanches mains.)

(Et les boucliers aussi!)

(Oui, pour ceux qui se demanderaient, j'ai épousé le frère geek, Sarah a eu le frère bricoleur.)

(Par contre ils ont tous les deux l'humour pourri, pas de jalouses.)

Et bon je pense que j'ai pas besoin de t'expliquer pourquoi ça, là, c'est la MEILLEURE PHOTO DE MARIAGE DE L'UNIVERS:


(C'était un bel effort, le reste du monde, mais vous pouvez aller vous rhabiller, merci.)

Et puis c'était la soirée, la fête, la bouffe (MIAM) (ça valait presque les 14 minutes de retard), et la fête jusqu'au bout de la nuit – et quand je dis le bout de la nuit, c'est littéralement parce que je suis rentrée à la maison et le jour se levait.

Et encore, on est partis juste quand la famille Portugaise de Sarah commençait à mettre l'ambiance (big up aux cousines qui ont mis le feu au dancefloor) (et en talons!), et juste au moment où le marié était en train de finir de vider toutes les petites bonbonnes de rhum arrangé qui étaient censées être le cadeau pour les invités.

(Ces gens sont fous.)

On est revenus ranger le lendemain et on a trouvé plein de gens bien frais (LOL), et Sarah qui avait honte parce que trois invités s'étaient endormis dans l'herbe au bord de l'étang:

- C'est quoi ces gitans à mon mariage? Les gens je les invite à MON mariage et ils vont dormir dehors!
- Ça s'appelle "dormir à la belle étoile".
- Ça s'appelle dormir comme des ANIMAUX ouais!
- Je...
- Oh! Debout, bande de clodos!

Et c'est ainsi que Sarah a cessé d'être Bridezilla, et est juste redevenue la dictatrice habituelle qu'on aime tous tellement.



Petite parenthèse sérieuse pour la fin: alors oui, j'ai pas mal vanné Sarah dans cet article. J'ai aussi pas mal exagéré certaines anecdotes (sauf l'histoire des alliances) (j'ai des archives qui prouvent tout, viens me tester). Mais en vrai de vrai, tu peux pas savoir comme c'est le kif de ma vie de voir comme elle est bien avec son mari tout neuf.

Et oui, okay c'est ultra cool bananas que le mari soit aussi mon beau-frère, mais finalement je savais qu'on allait être amies pour toujours, alors je suis juste ravie qu'elle ait trouvé un mec qui la rende heureuse.

(Et ravie qu'il ait le même humour à la con que Fla – du coup on peut être consternées en chœur!)

Parce que de toute façon, j'allais devoir passer pas mal de temps avec l'élu de son cœur, vu que jamais et pour rien au monde je n'aurais pu me passer de cette bouille:


(Ou de cette chevelure exquise.)

Love sur toi, ma belle-sœur adorée.

mercredi 28 juin 2017

Le retour des rois


(WOOUH FAIS PETER LA FERME AUBERGE FERNAND)

Ah là là, les enfants, par où commencer par vous narrer le périple de notre grand retour sur le vieux continent?

Peut-être par le putain de coup de stress qu'on s'est mangés dans la face trois jours avant de partir.

- Air New Zealand, bonjour!
- Oui bonjour, j'appelle pour avoir des renseignements sur les dimensions des bagages en soute. Ma femme et moi, on part dans trois jours avec 4 bagages, et dans les bagages il faut qu'on case une épée d'un mètre vingt...
- Pardon monsieur, vous avez dit 4 bagages en soute?
- Oui, en fait l'épée c'est un bagage à part du coup – c'était un cadeau d'anniversaire pour ma femme, ça avait l'air d'une bonne idée à l'époque....
- Non mais en fait vous n'avez droit qu'à deux bagages en soute.
- KEUWA??




Flash-back: février 2017, au guichet d'Air New Zealand:

- On cherche la compagnie aérienne qui nous permettrait de prendre le plus gros volume de bagages avec nous. Qatar et Emirates autorisent 30 kilos par valise, donc on pensait aller chez eux, mais on nous a dit qu'il y avait une option pour prendre des bagages supplémentaires avec Air New Zealand?
- Tout à fait. Vous avez droit à un bagage en soute de 23 kilos chacun, ça c'est compris dans le prix du billet. Et puis, si vous souhaitez, vous pouvez ajouter un bagage supplémentaire chacun, pour un supplément de 200 dollars pièce.
- Donc, si on paye 400 dollars de plus, on peut embarquer 4 valises de 23 kilos?
- Exactement!
- Est-ce qu'il faut qu'on les réserve en avance?
- Pas du tout, vous venez le jour de l'embarquement, vous signalez les bagages supplémentaires, et vous payez à ce moment-là.
- Et c'est garanti qu'on nous les prenne?
- GA-RAN-TI!

Retour en juin 2017, chez le service client d'Air New Zealand:

- Ah mais je suis désolé monsieur, mais on vous a manifestement raconté des conneries. Les bagages supplémentaires sont soumis à condition. On ne les accepte que s'il y a suffisamment de place dans l'avion.
- Et vous saurez ça quand?
- Quelques heures avant le départ.
- Donc en fait, vous êtes en train de nous dire que, sur les conseils de votre collègue, on a trié toutes les affaires qu'on possède dans quatre valises, et qu'on pourra potentiellement en emmener que deux avec nous?
- C'est ça. Et sinon vous aviez d'autres soucis?
- Oui c'est-à-dire que vous avez pas du tout résolu mon premier souci, là.
- Ah? Je pensais qu'on avait réglé la question.



MAIS ON A RÉGLÉ QUOI, ESPÈCE DE FROMAGE DE BITE?

- Non, mais ce que moi je vous conseille, c'est d'amener tous vos bagages avec vous le jour de l'embarquement. Et après, vous verrez bien si ça passe.

MAIS??!

ET SI CA PASSE PAS, ON EN FAIT QUOI, DE NOS DEUX BAGAGES, ON TE LES FOURRE DANS LE CUL??

(Parce que c'est un peu notre seul espace de stockage disponible.)

- Si vous souhaitez déposer une plainte formelle, je serais ravi de vous rediriger vers notre service de réclamations.
- Oui, faites ça, oui.
- Merci, au revoir et bon vol!
- TON CUL IL VA BIEN VOLER mmmmmerci.

On a fini par passer tous les deux une-demi journée sur ce problème, puisque le service de réclamations était en fait un répondeur (super pratique), que le service Facebook m'a donné une adresse email pour déposer ma plainte (qui disait "Aidez-nous bordel on est stressés de la mort, y'a-t-il quelqu'un pour venir nous confirmer qu'on va pouvoir prendre tous les bagages qu'on nous avait dit qu'on pourrait prendre?"), pour finalement recevoir cette réponse automatique à ma plainte:

"Merci de votre retour. Nous nous efforcerons de répondre à votre question dans les sept jours ouvrables. En gros tu pars dans trois jours et t'es niqué, bon vol ma couille."

Du coup, c'est UN POIL ANXIEUX qu'on a trié deux valises de "ça c'est sûr il nous les faut":



(RIP ma garde-robe)

(Tu noteras au passage mon débardeur laser kiwi, un essentiel évidemment.)

 Et une valise de "bon ça ce serait cool de l'avoir mais c'est pas genre ultra essentiel".

(Valise qui contenait des trucs genre mon manteau d'hiver, ma paire de bottes, mes livres de Maori, et mes petites poêles qui font des si délicieuses pancakes.)

Pour l'épée, comme c'était un bagage à elle toute seule, je me suis renseignée pour voir combien ça coûterait de la faire expédier en France:

- Ah non désolée madame, la poste n'accepte pas un colis si grand. Regardez chez DHL ou UPS.

(Cette épée, sur le coup, ça semblait être une bonne idée.)

- Alors pour un colis de cette taille, sur la France, on estime une fourchette entre 360 et 400 dollars.

(Ça semblait vraiment être une bonne idée.)

- Ça nous coûterait pas moins cher de la revendre ici, et de racheter le même modèle quand on arrive?
- Cha, c'était une édition limitée. Y'en a plus en vente.

(C'était VRAIMENT un super cadeau.)

Au final, on a tout emballé comme il fallait, puis on a appelé nos anciens colocs Richard et Maria en leur disant:

- Alors, d'abord, merci de nous amener à l'aéroport et de reprendre tous les objets dont personne ne veut. Il faudra aussi rester avec nous quand on enregistre les bagages et ensuite peut-être récupérer notre épée et une valise de 23 kilos et les stocker chez vous pour une durée complètement indéterminée. Merciiii!

Et puis au final, après trois jour d'angoisse:

- On voudrait enregistrer des bagages supplémentaires en soute.
- Oui, par ici.
- ........
- Alors je peux les mettre dans la soute, mais par contre vous êtes au courant qu'il y a un supplément de 400 dollars?



- Vous êtes d'accord de payer le supplément?
- D'accord? Mais avec PLAISIR on va le payer!
- Oooookay.

Et c'est sereins et apaisés qu'on a enfin passé l'enregistrement.

- Ouais enfin du coup on a trois heures d'avance, quoi.
- ....
- Un petit tour au duty-free?

(Mes collègues absolument fantastiques m'avaient offert comme cadeau de départ un chèque de duty-free – "comme ça, ça compte pas comme un bagage à main!")

(Du coup j'ai acheté un parfum, un vernis à ongles, et un mascara "extrême volume smoky eye yeux de biche effet faux cils vu à la télé le préféré des stars" parce que je suis une victime du marketing.)

(Verdict: il est pas mal.)

BREF.

Le voyage s'est passé comme à chaque fois: le premier vol on l'a à peine senti passer, le deuxième vol était IN-TER-MI-NABLE.

Ces deux sentiments étaient encore amplifiés cette fois-ci par le fait que:

1. Au premier vol, on a décollé à minuit heure locale, et du coup, entre l'heure tardive et le stress des trois derniers jours, on a dormi quasiment tout le vol. (J'ai juste eu le temps de regarder un seul film) ("Hidden Figures", que je voulais voir depuis longtemps et que je m'étais réservé exprès parce que je savais qu'ils l'auraient dans l'avion) (il est cool) (enfin c'est pas le propos).

2. On est arrivés à Singapour (l'escale de mi-chemin) à sept heures du matin, heure locale, et on avait neuf heures à tuer avant le prochain vol. Du coup, nous, (presque) frais comme des gardons après une nuit à se dessécher dans l'avion, on s'est dit:

- Nous voilà à Singapour avec plein de temps à tuer, mais on n'aime pas faire du shopping. Qu'est-ce qu'on pourrait bien faire?

Et là, on est passés devant une grande pancarte qui disait: "Visites guidées gratuites de Singapour. Découvrez l'histoire et la culture de notre belle ville. Départ de l'aéroport, le bus vous ramène, on vous arrange des visas de transit, on s'occupe de tout tu t'occupes de rien tu profites ma couille."

Du coup, on est partis pour une visite rapide.

On a visité la place avec plein de touristes, de banques et d'hôtels de luxe:



On a aussi vu une statue de lion-sirène qui est apparemment LE truc qu'il faut aller voir à Singapour:



Enfin moi, ça m'a surtout permis de prendre cette SUBLIME photo du couple le mieux assorti au monde:



(Littéralement.)

On a aussi vu des jolies maisons:





Plein de climatiseurs:



(Il fait 30 degrés toute l'année, paye ton équateur.)

Et une très jolie mosquée.



(Même si la principale religion à Singapour, ça reste évidemment LE POGNON.)

On a aussi appris plein de choses sur Singapour, et en particulier, on a appris qu'on ne voudrait jamais, jamais venir vivre à Singapour:

- Ici à Singapour, on aime deux choses: manger, et faire du shopping. C'est nos deux grandes passions dans la vie. Enfin, surtout ces dames, hein! Haha!
- ...
- Les messieurs, vous me comprenez, hein! Hein!



Et sinon, on a découvert des trucs marrants, genre:

- Singapour est une république parlementaire – ça veut dire qu'on a un président, mais son rôle est surtout symbolique. Le vrai chef de l'Etat, c'est le premier ministre.
- Ah ouais, un peu comme en Italie.
- Notre actuel premier ministre est au pouvoir depuis douze ans!
- Ah ouais, un peu comme en Allemagne.
- C'est le fils de l'ancien premier ministre.
- Ah ouais, un peu comme au Canada.
- Le père est resté au pouvoir pendant trente et un ans!

Ah ouais, un peu comme une PUTAIN DE DICTATURE EN FAIT LA DU COUP.

Et plus on découvrait de trucs, plus on se disait que ça sentait un peu la couille dans le potage:

- On a la peine de mort, mais seulement pour trois crimes: le meurtre, le vol à main armée, et le trafic de drogue.
- C'est pas un peu sévère?
- Il y a des gens qui disent que c'est sévère, c'est vrai. Mais on n'a presque plus de problèmes de drogue ou de vol, maintenant!

Bah forcément, hein, si t'as exécuté tous les délinquants!

- Plus de trente grammes de cocaïne sur vous à la frontière, vous êtes pendu d'office. 250 grammes de méthamphétamine, vous êtes pendu aussi. Plus de 500 grammes de cannabis – oui, même le cannabis – hop, pendaison!

Dis donc, ça a l'air chillax ton pays, Marcel.

- Vous voyez qu'on travaille bien dans le pays, même si on est samedi aujourd'hui. C'est parce qu'on travaille dur ici! La grève, par exemple, c'est interdit. Les manifestations aussi. On aime notre travail à Singapour!



J'ai l'impression qu'on aime rester hors de prison, à Singapour, surtout.

Après cet intervalle un peu glaçant au sens figuré comme au sens propre (ci-mer la clim à fond les ballons du bus et de l'aéroport), on a ré-embarqué pour 13 heures de vol, à la fraîche.

On était assis pas loin d'un bébé tout mignon, et c'est là que je me suis rendue compte que l'horloge biologique de Flaxou était au bord de l'implosion, parce que pendant TREIZE PUTAINS D'HEURES, il me flanquait son coude dans le bras pour me dire:

- Regarde! Regarde, elle fait coucou!
- Ah oui. Coucou bébé!
- Qu'est-ce qu'elle est mignonne!
- Ouais, je vais lire hein, je te laisse.
- Coucou bébé! Coucou! Coucou!
- T'es flippant.

Sept heures plus tard:

- Cha!
- Rhâ, je suis à la toute fin de Big Little Lies et ils vont ENFIN dire qui c'est qui est mort. Quoi?
- Regarde!
- C'est toujours le même bébé, Fla.
- Oui! Regarde, elle fait des bulles de salive!

Onze heures plus tard:

- Cha!
- Merde, je DORMAIS!
- Ah pardon. Mais maintenant que tu es réveillée, regarde!
- Mais nique ta race si c'est encore ce putain de môm...
- Elle rigole et elle a DES PETITES FOSSETTES!
- .....
- C'est TELLEMENT CHOUPI!



Et puis, après ces interminables TRENTE-TROIS HEURES de voyage (j'me suis quand même fait trois films et une saison entière de série) (J'ai chialé ma race devant "Moonlight" mais ça valait le coup) on était enfin de retour à la maison!

(Enfin, de retour à l'aéroport de Francfort qui est à trois heures de route de la maison, mais on va pas enculer les mouches.)

Maintenant, on est installés confortablement dans l'appartement à côté de chez ma mamie (on n'a jamais besoin de faire les courses parce qu'elle nous fait à bouffer tout le temps) (RIP nos bidous), et je divise mon temps entre mon nouveau boulot (je t'en parlerai une autre fois) et passer du temps avec ma famille et ma nièce chérie:

- Tata, elle est jolie ta coiffure!
- Merci.
- Tu me fais la même?
- Je vais essayer, mais j'ai pas l'habitude sur quelqu'un d'autre.... voilà!
- J'peux voir, j'peux voir?
- Attends, je prends une photo et je te montre.



- Tata, je peux l'enlever maintenant? Parce que c'est vraiment pas bien fait.
- Oui ben c'est la première fois que je fais la coiffeuse, hein!
- C'est pas grave, on ira en vacances et tu me le feras tous les jours, jusqu'à ce que ce soit joli.

(Toi aussi tu m'avais manqué, petit despote.)

dimanche 18 juin 2017

La (mini) perle du mois + les expressions tordues de Professeur Flaxou


(Photo illustrant où se situe l'humour de Flaxou et moi)

Salut les p'tits loups!

Alors je suis rentrée en France, et je te fais pas un topo tout de suite parce qu'il m'arrive mille choses et que, qui l'eût cru, on n'a pas une super connexion Internet quand on siphonne la wi-fi de chez mon père qui habite deux maisons plus loin. (Courage, la boîte à Internet est en chemin!)

A la place, je te livre juste une mini-perle du mois tirée de nos dernières semaines avec Marie en Nouvelle-Zélande – semaines passées sous le signe du stress, mais aussi (comme tu vas le voir) sous le signe du FUN!

C'était aussi, pour Flaxou et moi, quelques semaines passées sous le signe de la découverte, puisque ça fait tellement de temps qu'on habite ensemble rien que tous les deux qu'il y a plein de choses qu'on n'avait pas remarquées l'un chez l'autre et qui en fait (comme nous l'a indiqué Marie) sont hyper bizarres.

(Tu vois l'épisode de How I Met Your Mother avec le bruit de verre cassé? Ben ça nous a fait ça pendant un mois.)

Marie nous a donc fait remarqué certains petits trucs chelous chez nous, du genre:

1. Flaxou se lèche les doigts. TOUT. LE. TEMPS.


(Une image de Flaxou à la maison)

Sérieusement, je sais pas comment j'ai fait pour jamais le remarquer (un instinct de conservation venu du fond des âges, j'imagine) mais le mec n'a jamais utilisé une serviette de sa vie, en fait. A chaque fois qu'il mange un truc avec ses doigts (burger, frites, chips, fruit, bonbon, crudité, la liste est longue) il passe dix minutes à sucer CHACUN. DE. SES. DOIGTS. INDIVIDUELLEMENT.

(Et s'il en reprend, c'est reparti!)

2. Je me parle à moi-même.

- Non mais attends Marie, c'est normal de se parler à soi-même. Tout le monde le fait.
- Oui. Mais tout le monde ne s'engueule pas tout seul en s'appelant par son prénom.
- .... Ah non?

Bon, ben apparemment c'est bizarre de s'exclamer "Putain Charlotte, tu chies dans la colle!" quand on n'est pas content de soi.

(J'en apprend tous les jours.)

3. Ce qui a probablement choqué (et fait rigoler) Marie le plus lors de son séjour, c'est le langage imagé qu'on utilise tous les jours avec Flaxou, et qui, comme elle nous l'a fait remarquer, tourne surtout autour d'une partie de l'anatomie.

- Non mais en fait, la moitié des phrases que vous sortez ont le mot "cul" dedans, c'est grave!
- C'est pas vrai!
- ....
- Des fois c'est le mot "chier".

Je blâme bien évidemment mon enfance alsacienne, puisque c'est de cette langue que je tiens mes expressions (traduites) particulièrement imagées, telles que "On peut se tourner comme on veut, on aura toujours le cul derrière", "J'vais pas tout te chier dans les mains non plus" (un classique maternel), ou encore la réponse favorite de ma grand-mère quand on lui disait "Mamama, je m'ennuie":

- Chie-toi dans les mains et fais des Läckerli!


(Pour les non-frontaliers avec la Suisse – les Läckerli, c'est ça:)




(L'alsacien: une langue de bon goût.)

Du côté de Flaxou, c'est encore pire (et pourtant, lui ne peut pas blâmer ses origines alsaciennes, vu qu'il est moitié breton). Sa famille est un véritable répertoire de dictons tous plus vulgaires les uns que les autres.

(Dictons qui m'avaient un peu choqués quand je les avais entendus dans la bouche de sa mère, mais bon hein, t'as bien vu les expressions qu'on se coltine chez moi, je serais bien mal placée pour juger.)

Petit florilège des expressions de la famille à Fla:

"Ça va pas te boucher le trou de balle" (la réponse toute trouvée à "j'aime pas trop X aliment")

"On va pas tortiller du cul pour chier droit" (oui, on aurait pu utiliser l'expression "couper les cheveux en quatre" qui veut dire la même chose et est très correcte, parfaitement) (mais en même temps, chez moi on dit "on va pas enculer les mouches", c'est pas vraiment mieux)

"C'est tout? Dis donc, on va pas chier gras" (Expression exquise qui s'emploie quand le dîner est jugé trop léger) (donc, d'après les tontons de Flaxou, quand il ne consiste que de trois plats).

"Eh ben, il se torche pas avec le cul!" (Expression très mystérieuse (QUI se torche avec son propre cul?) (ça n'a aucun sens!) qui désigne quelqu'un qui fait étalage de sa richesse, un peu bling-bling)

(EDIT: je viens de googler l'expression et il apparaîtrait que le dicton complet est "ne pas se torcher avec le cul de sa chemise", ce qui a beaucoup plus de sens.)

"Quand il a une idées dans la tête, il l'a pas dans le cul" (Je suspecte que celle-là c'est vraiment juste pour caser le mot "cul", en fait.)

"Celui-là/celle-là, tu lui mets une olive dans le cul, tu sors trois litres d'huile" (Expression préférée de la maman de Flaxou, qui s'emploie pour désigner une personne stressée et/ou particulièrement coincée) (coincée = le genre de personnes qui n'aiment pas parler de se mettre des olives dans le cul.

Je te laisse donc avec ces joyeuses expressions pour venir égayer ta vie (ne me remercie pas), et une mini-perle du mois ci-dessous!


1) "J'ai bu un-demi verre et je suis un-demi bourrée" moi

2) "Christian Estrosi il change tellement souvent de camp, le mec tu lui mets une éolienne devant sa veste et ça résout la crise de l'énergie" (Fla)

3) - La Marmite c'est fait avec de la bière??! (Marie)
- Mais tu croyais que ça venait d'où? (Fla)
- De... de Satan! (Marie)

4) - En ce moment je lis "Le charme discret de l'intestin" (Marie)
- Est-ce que c'est un livre sur la sodomie? (Fla)

5) - Je me suis spritzé dans l'oeil avec ce citron! (Fla)
- Plante une fourchette dedans (Marie)
- Mais... c'est pas comme ça qu'on résout les problèmes! (Fla) (elle voulait dire plante une fourchette dans le citron, bien sûr)

6) - Comment s'appelle son môme? (moi)
- Patrick? (Fla)
- Non, ça commence par un B. (moi)
- Batrick? (Fla)

7) - Comment je présente les toasts? (Fla)
- Par leur prénom! (Marie)

8) - Allez, opération tartinage! (Marie)
- Si tu fais ça très bien, on appellera ça du tartinage artistique (Fla)

9) - Comment tu peux être marié à une prof et faire autant de fautes? (Marie)
- Bah tu sais ce qu'on dit... fuck the system. (Fla)

10) - J'ai tellement envie de faire pipi! (moi)
- Moi aussi... shotgun sur les toilettes! (Marie)
- Tout doux, Kurt Cobain (Fla)


Bon vote à tous et toutes!

jeudi 25 mai 2017

Three's Company


Et donc ma copine Marie est venue vivre chez nous.

Ça peut sembler bizarre que quelqu’un vienne habiter chez nous alors qu’on quitte le pays dans quelques semaines, mais c’est une longue histoire.

Tout a commencé en CE2.

(Ah oui ben je t’avais dit que c’était une longue histoire.)

En CE2 donc, j’ai rencontré Jean, qui est devenu un bon copain jusqu’à la fin de la primaire (on jouait au loup, il me racontait ses conseils de survie scout, je lui racontais que je m’entrainais pour devenir druide, des trucs normaux quoi).

Après on était dans des collèges différents et on s’est perdus de vue, et c’était moche. (Mais c’était le collège, tout est moche à cette époque d’façon)

Et puis au lycée, j’ai rencontré Marie en cours de DNL, et on est devenues super amies.


(Genre on assortissait nos jupes en jean et tout.)

Et puis elle m’a présenté à son groupe d’amis, dans lequel il y avait, tu l’as deviné, Jean, et c’était super chouette parce que c’était pas comme quand tu revois quelqu’un après des années et que vous avez plus rien en commun, a la place c’était genre ‘Eh, mais t’es encore plus cool qu’avant en fait !’

Et puis une fois à la fac, Jean et Marie sont sortis ensemble, et c’était le bonheur total parce que franchement combien de fois ça arrive dans la vie quand une de tes super bonnes amies sort avec un de tes super bons amis ?

(La seule chose qui pourrait surpasser ça, ce serait de réussir à caser sa meilleure amie avec un membre de sa famille.)

(OH MAIS ATTENDS.)

Et puis quelques années plus tard encore, Jean et Marie se sont mariés, et c’était la coolitude absolue parce que déjà individuellement c’est la crème de l’humanité ces ceux-là, mais alors en couple pour l’éternité, laisse tomber la neige.

Fla et moi on était tellement contents qu’on est venus en France pour leur mariage. Et Marie et Jean étaient tellement hypés sur la Nouvelle-Zélande après des années de photos et de cartes postales qu’ils ont décidé d’en faire leur destination de lune de miel. Ce qui a donné la conversation suivante :

- Je suis trop contente que tu viennes en France pour mon mariage !
- Je suis trop contente que tu viennes en Nouvelle-Zélande pour ta lune de miel !
- Au fait j’ai pris les billets d’avion.
- Moi aussi !
- On part juste après le mariage et on reste en Nouvelle-Zélande trois semaines. Et toi ?
- On part juste avant le mariage, et on reste en France… un mois.
- Donc…
- On va…
- Se croiser…
- Quelque part au-dessus de l’Asie Centrale.



(3615 les sous-douées)

Dans tous les cas, Marie et Jean ont bien profité de leur lune de miel, et ils ont adoré la Nouvelle-Zélande.

Ils l’ont tellement adoré qu’à peine rentrés en France, ils nous disaient déjà qu’ils voulaient y retourner et y vivre pour toujours au milieu des moutons et des fougères et du Merlot.

(Bon, après, le pays a tendance à faire cet effet-là à tout le monde.)

(Même à moi, et pourtant j’aime pas le Merlot.)

(Heureusement qu’il y a du Sauvignon Blanc pour sauver la mise.)

Bref bref.

On a passé quelques années de plus à garder contact, et à discuter de leur projet de venir en Nouvelle-Zélande (qui était plutôt vague) et de notre éventuel retour en France (qui était encore plus vague).

Et puis on s’est tous décidés à se bouger le cul en même temps, et je te laisse deviner la suite :

- Alors j’ai une grande nouvelle !
- Moi aussi !
- C’est officiel, Jean et moi on vient vivre en Nouvelle-Zélande cette année ! Et toi, ta nouvelle ?
- C’est officiel, Fla et moi on revient vivre en France… cette année.
- ….
- On a refait la même chose ?
- On a refait la même chose.

(Les sous-douées contre-attaquent.)

Alors Marie et Jean se sont arrangés pour partir le plus tôt que leurs engagements respectifs le leur permettaient, histoire qu’on arrête quand même de se croiser en avion comme ça tout le temps parce que ça devient pénible à la fin.

C’est comme ça qu’on se retrouve en coloc pour notre dernier mois en Nouvelle-Zélande (avec Marie pour quatre semaines, et Jean pour tout juste cinq jours) (ah oui mais j’avais prévenu qu’on n’était pas très doués).

Marie était contente de venir en avance, non seulement pour passer du temps avec nous, mais aussi pour s’acclimater à la Nouvelle-Zélande, et prendre un peu de temps pour chercher un boulot. Puisque, même si le marché de l’emploi est plus ouvert ici qu’en Europe, le processus d’embauche et long, compliqué, et semé de multiples embûches – la principale étant que les Kiwis sont super réticents à s’engager avec des étrangers qui n’ont pas de Visa longue durée.

On a donc expliqué tout ça à Marie en lui disant que oui, c’est sûr que ça allait être décourageant pour elle quand elle se ferait rejeter successivement de plusieurs dizaines de candidatures, mais que, même si elle mettait cinq ou six mois à trouver un travail, il fallait pas se laisser abattre, j’veux dire Flaxou ça lui a pris plus d’un an avant de trouver un job dans sa branche, mais on apprend beaucoup de choses en faisant des petits boulots merdiques, au final c’est une belle expérience de la vie, et…

- Ah c’est cool, j’ai un entretien demain pour le poste de mes rêves !
- ….
- Je commençais à m’inquiéter, ça faisait quand même presque une semaine que je cherchais !



(Okay bon ben c’était juste nous, j'imagine.)

Et sinon c’est assez rigolo de revivre en coloc, même si les efforts que ça implique n’étaient pas du goût de tout le monde :

- Je dois porter des slips ?! Dans MA maison ??!

(Pauvre homme.)

Comme tu peux le voir, Marie exerce une bonne influence sur nous : déjà elle motive Flaxou à porter des vêtements, mais en plus elle l’aide à réapprendre le français – puisque, Flaxou n’étant déjà pas très doué en langues, il a pris la mauvaise habitude de parler franglais « parce que c’est easier » et résultat, je me retrouve avec un mari qui parle comme K- Maro.

(Références de 2004 bonjour.)

Et ce n’est pas une mince affaire de My-Fair-Ladyser mon cher et tendre, vu que ce dernier est plutôt hostile à toute tentative de réforme :

- J’ai pas besoin qu’on me corrige ! Je sais parfaitement parler français !
- Mmmh-hmm, et qu’est-ce que tu m’as dit l’autre jour en voiture ?
- …..Grab la map dans la glovebox.
- Voilà.

Tu l’auras compris, on n’est pas sortis de l’auberge – d’autant que, quand il ne pique pas carrément des mots à l’anglais, Flaxou s’empêtre quand même dans les anglicismes et les faux amis :

- On me comprend quand même quand je parle !
- Oui, mais t’as l’air d’un blaireau.
- Ca c’est pas grave, ça montre que j’ai passé du temps à l’étranger. Ça sonnera bien quand j’enverrai mes applications aux compagnies !
- ‘Ça fera bonne impression quand j’enverrai mes candidatures aux entreprises.’
- C’est pas mon point.
- ‘C’est pas ce que je veux dire.’
- Mais… stoppe la traduction !
- On dit ‘arrêter’.
- … Oui enfin franchement, je vois toujours pas où est le problème.


(Flaxou en 2018.)

On est donc bien contents de pouvoir compter sur Marie pour nous aider à être un petit peu moins insupportables quand on rentrera en France (déjà que ça va être dur de pas s’exclamer « Nan mais laisse tomber comment c’est TROP un comportement de Français-han ! » toutes les deux minutes), et, de son côté, elle est contente qu’on soit là pour lui expliquer les petites choses qui font tout le peps de la vie en Nouvelle-Zélande :

- Alors là tu restes à l’arrêt jusqu’à ce que le feu soit vert, et ensuite tu t’engages sur la voie d’insertion en même temps que la voiture à ta droite.
- Qui a la priorité ?
- Celui qui est pressé.
- Et si personne n’est pressé ?
- Alors c’est celui qui se lasse en premier de signaler « Après vous ».



- Voilà, c’est parfait, maintenant on suit la direction ‘Waitakere’, tu peux rester dans la voie du milieu.
- Mais je vais pas assez vite !
- C’est pas grave, ils peuvent te doubler.
- Mais du coup, on double seulement par la droite, ici, c’est ça ?
- Ah non non. On double par où on veut.
- QUOI ?
- Ouais, du coup fais attention au moment de sortir de ta voie… surtout que t’as pas envie de faire un accident dans le pays où l’assurance auto n’est pas obligatoire.
- QUOI ?


(Marie et la découverte de la Nouvelle-Zélande, une illustration.)

Bref, on s’amuse bien.

On marche dans le bush, on mange des ramen, on essaye de pas prendre les ronds-points à contresens, on perfectionne notre anglais des affaires et notre français de gens normaux, on sort boire des bières allemandes et manger de la glace coréenne, et on remplit mon petit carnet de perles (mini-perle du mois à venir !)

En résumé: je vis en colocation avec mes meilleurs amis du lycée qui sont mariés ensemble, MA VIE EST OFFICIELLEMENT LA SÉRIE FRIENDS T'ES JALOUX OU PAS?

(Non parce que moi je trouve que c'est de la bombe.)