jeudi 16 mars 2017

Une semaine à Niue, partie I


Et donc Flaxou et moi on est partis en vacances à Niue.

Après 4 ans de vie en Nouvelle-Zélande et zéro vacances en dehors de la Nouvelle-Zélande, on a enfin réussi à sauter sur un deal pas cher pour la Polynésie, et donc c'était parti pour une semaine à Niue.

- Une semaine? C'est beaucoup pour une île. Tu veux pas plutôt faire 4-5 jours?
- Ben en fait, y'a qu'un seul avion par semaine.
- ....C'est grand comment, au juste?

Eh bien Niue, c'est grand comme RIEN.

C'est un minuscule caillou de 260 kilomètres carrés (soit à peu près la taille de Strasbourg) (mais juste Strasbourg, hein) (on compte même pas Schiltigheim ou quoi) et qui accueille dans les 1200 habitants, comme nous l'a expliqué notre hôte Ozwin (qui nous a loué un bungalow pour la semaine):

- En fait, au dernier recensement, on était officiellement 1500, mais c'est parce que c'était la haute saison touristique, et le gouvernement a donné des formulaires à tous les gens qui dormaient à l'hôtel ou avaient leurs yachts dans le coin.

Donc Niue, on l'avait compris, c'est un petit pays. (En fait, c'est le deuxième pays le moins peuplé au monde, derrière le Vatican.)

Mais on n'avait pas bien saisi à quel point c'était petit avant d'arriver à l'aéroport et d'avoir cette conversation surréaliste avec l'officier de l'immigration:

- Sur votre fiche d'entrée vous avez marqué "Avatele" pour l'adresse, mais ça ne me suffit pas, il faut une adresse complète.
- Désolée, je ne connais pas l'adresse exacte.
- Vous logez chez qui?
- Heu, je me souviens plus du nom de l'auberge, mais le patron s'appelle Ozwi...
- Ah, Ozwin! Ben fallait le dire! Il doit pas être bien loin, il était dans le même avion que vous. Bienvenue à Niue!

Et le mec d'écrire sur ma fiche de d'entrée "Avatele - at Ozwin's".

On a trouvé ça rigolo, mais on n'a vraiment saisi la dimension "grand village" de Niue que quelques minutes plus tard, quand Ozwin en question est venu nous trouver pour nous dire:

- Bon, je viens d'arriver comme vous, en fait, j'étais en vacances, donc pour la première nuit je peux pas vous héberger, il faut que je prépare la chambre.
- Mais on va dormir où alors?
- Prenez cette navette, vous resterez au resort pour une nuit, je prends tout en charge.

Sauf qu'en fait on est arrivés au resort et personne n'était au courant de rien. On a expliqué à la réceptionniste qu'on voulait une chambre mais qu'on ne voulait pas la payer, et elle nous a filé les clefs illico (et sans nous demander de preuve d'identité, de numéro de carte de crédit, ou quoi que ce soit) parce qu'on lui a dit:

- Notre hôte nous a dit qu'il devait préparer notre chambre, parce qu'il est rentré en même temps que nous...
- Ah, mais vous parlez d'Ozwin!



(Mais ce mec c'est le président, ou comment ça se passe?)

Enfin du coup, on se plaint pas, on a eu droit à une nuit gratos dans le resort le plus cher de l'île:



(Charlotte et Flaxou en vacances - deux images du bonheur.)

Cela dit, on aurait dû comprendre plus tôt que Niue était un pays vraiment, VRAIMENT petit, vu qu'en descendant de l'avion, c'était la police qui s'occupait de décharger les valises de la soute.

(Et deux jours plus tard, on a vu les mêmes policiers s'occuper de dégager un arbre qui était tombé en travers de la route.)

(J'en déduis que la lutte contre le crime à Niue n'est pas une occupation à temps plein.)

D'ailleurs, en parlant de flics, on a bien rigolé quand Ozwin nous a donné les clefs de notre voiture de location (bien obligés: il n'y a pas de transports en commun sur l'île) (c'est pas pour faire ma mauvaise langue mais on la sent bien, l'influence néo-zélandaise) et qu'on a vu qu'elle n'avait pas de plaques:

- Mais c'est pas illégal de rouler comme ça?
- Boh non, ça ira! De toute façon c'est la seule Toyota grise sur l'île.


(Ah bon ben ça va alors.)

Et on a encore plus rigolé une fois arrivés devant les bureaux de la police pour faire notre permis de conduire.

Car oui, à Niue, il y a littéralement huit routes, pas de ronds-points, de cédez-le-passage ou de feux rouges, mais il faut un permis de conduire Niuén pour rouler en voiture.

(Alors qu'on est d'accord que la seule compétence requise, c'est de savoir esquiver les nids-de-poule.)

C'est évidemment juste une formalité administrative, ils prennent ton permis néo-zélandais et t'en impriment un autre, ça prend 5 minutes et c'est une manière de faire un peu de sous pour le gouvernement (environ 25 dollars - une broutille).


(Et puis ça fait un joli souvenir!)

Bref, on est arrivés à la station de police dans l'illégalité la plus totale (soit: sans permis et avec une voiture sans plaques), tout ça pour s'entendre dire:

- Ah mais c'est vendredi aujourd'hui! Le bureau de police est fermé. Revenez lundi.
- Mais, en attendant....
- Oh ben vous pouvez conduire, hein, vous affolez pas. Vous êtes les Français, non? Ceux qui logent chez Ozwin?


(Sérieusement?)

(Ce mec est connu comme la Reine d'Angleterre, c'est incroyable.)

Et c'était le début de notre périple sur les routes de Niue.

Enfin, sur LA route - explications visuelles:


Alors ça, c'est Niue. Au milieu à gauche, c'est la capitale, Alofi - c'est là qu'on trouve le bureau de police, le bureau du gouvernement, l'office du tourisme, et aussi l'unique banque, l'unique poste, l'unique station essence et l'unique supermarché de l'île.

(Ah oui mais on avait dit que c'était petit, hein.)

Et pour te donner une idée de l'échelle, la route qui longe la côte fait 62 kilomètres de long - en gros, en deux heures, tu fais le tour de l'île.

Je dis deux heures parce que la vitesse est limitée à 60 km/h, et de toute façon tu roules moins vite que ça, vu qu'il faut slalomer entre les trous, les poules (j'y reviendrai) et les crabes géants (j'y reviendrai aussi).


(Coucou toi!)

D'abord, arrêtons-nous un instant sur la géographie de Niue.

Niue se situe entre les îles de Tonga, Rarotonga et les îles Cook:


C'est une destinations de vacances prisée des Néo-Zélandais, et uniquement des Néo-Zélandais, vu que le reste du monde ne se doute même pas de son existence.

(Il n'y a d'ailleurs qu'une seule compagnie aérienne - Air New Zealand - qui assure les vols de et vers Niue, et qu'un seul trajet - Niue-Auckland.)

Niue a une géographie très différente des autres îles du Pacifique, qui sont des îles volcaniques, parfois cerclées d'une barrière de corail (comme la Nouvelle-Calédonie ou la Polynésie Française) et parfois non (comme la Nouvelle-Zélande ou Hawaï). Niue, en revanche, est une île FAITE de corail, qui a été élevé au-dessus du niveau de la mer par un volcan sous-marin (depuis longtemps éteint).

En gros, c'est une patate de corail, recouverte de trente centimètres de terre, plantée au milieu de l'océan.

Du coup, Niue n'a pas de barrière de corail (donc pas de jolis lagons bien calmes où se baigner tranquillement), et pas de plages de sable blanc s'étirant à l'infini. A la place:

IL Y A 


DU CORAIL


PARTOUT!


Il y a tellement de corail que c'est très difficile d'accéder à la mer, parce que l'île entière est surélevée, et entourée par des falaises de calcaire de 20 à 25 mètres de haut.


(Et même une fois en bas, c'est pas vraiment une plage à baignade.) 

La côte Ouest est d'ailleurs la plus habitée et la plus touristique de l'île, puisque c'est celle qui compte le plus d'accès à la mer, et (grande importance) la seule plage de sable de l'île - qui fait genre dix mètres de long.


(Ta-daaaah!)

Donc, tu l'as compris, Niue n'est pas du tout une destination "soleil, plage et farniente" mais plutôt "corail, aventure et plongée".

Elle a aussi l'immense avantage pour les plongeurs de posséder les eaux les plus claires du Pacifique, comme on l'a appris en arrivant:

- Alors comme ça vous êtes là pour la plongée?
- Oui, enfin surtout le snorkeling.
- C'est dommage que vous arriviez en saison des pluies, l'eau est beaucoup moins claire en cette période de l'année.
- Ah bon?
- Oh oui. Moi je plonge qu'en saison sèche. Là, en ce moment, on voit bien jusqu'à, quoi? Trente mètres. Tout au plus. C'est nul.

La tête de Professeur Flaxou en entendant ça:


(Mais effectivement, en saison sèche, on peut voir jusqu'à 80 mètres de profondeur sans problème.)


(Exemple à l'appui.)

Donc Niue reçoit quelques touristes Kiwis, qui viennent en majorité entre juin et août fuir l'hiver néo-zélandais (10-12 degrés et de la pluie en continu) et profiter de l'"hiver" Niuén (23-25 degrés et grand soleil).

Mais même en haute saison, les touristes sont plutôt rares, rapport au manque de plages et au fait que la baignade est, sinon impossible, du moins pas mal dangereuse (vu que c'est direct l'océan qui vient te taper dessus). D'ailleurs, pour les curieux, la quasi-totalité de l'argent qui entre dans le pays vient des subventions de la Nouvelle-Zélande (et le reste d'activités fiscales, disons, "douteuses") (humhumPanamaPapers).

L'avantage pour nous, dans tout ça, c'est qu'on a été choyés comme pas possible par une meute de locaux tous plus gentils les uns que les autres, à commencer par notre hôte (le fameux Ozwin) qui nous a sauvé la vie dès le premier jour, quand on a essayé d'acheter de la crème solaire dans une petite boutique du centre-ville:

- Ah non désolée, j'en ai pas. Essayez l'office du tourisme.

A l'office du tourisme:

- Ah non, on est à court. Vous avez essayé le supermarché?

Et au supermarché:

- Désolé, il n'y en a plus. Le bateau arrive à la fin du mois, on n'en aura pas avant.

OKAY.



Autant te dire que j'étais déjà résignée à revenir rouge comme un homard, jusqu'à ce qu'on fasse part de nos mésaventures à Ozwin, et qu'il vienne toquer à notre porte le lendemain avec un pot d'indice 50 en disant:

- J'ai pris la voiture hier et j'ai fait le tour de tous les hôteliers de l'île; vous avez de la chance, y'a un copain qui a trouvé cette bouteille que des touristes ont oublié.

Nous:


Armés de notre protection solaire, on est donc partis à l'attaque des récifs:


Comme la plongée et le snorkeling c'est pas trop mon truc (rapport au fait que je flippe ma mère dès que j'ai plus pied) (ah et aussi est-ce que j'ai mentionné que j'ai peur des poissons? Oui ben voilà), je suis donc partie explorer les merveilles de la marée basse, et j'ai vu des trucs bien cools:


(Un coin pas trop dégueu.)


(Un joli poisson dans un trou d'eau.)


(Un crabe trop badass.)



(Des grottes juste un peu glissantes.)

Et puis je suis allée attendre que Flaxou meure d'hypothermie se décide enfin à sortir de l'eau:


(Il a passé deux heures juste dans ce bassin.)

Il est finalement ressorti tout violet ravi:

- Alors, c'était comment?
- Génial! mais t'aurais pas aimé.
- Y'avait beaucoup de poissons?
- Ouais tout plein, et en plus j'ai vu un serpent de mer! Il s'est approché tout près de moi, il était super joli!

Une anecdote qui s'est révélée très intéressante le lendemain, quand on s'est rendus à l'office du tourisme et qu'on a appris que ce serpent de mer s'appelait le katuali, et qu'il était HAUTEMENT VENIMEUX, cf. Wikipedia qui en rajoute pas du tout des tonnes:


(Merci, gros.)

(Bon en fait, pour les curieux, c'est effectivement un serpent super dangereux, mais sa mâchoire est trop petite pour mordre les humains, donc ça va.)

S'en sont suivis deux jours de snorkeling pour Fla et de glandouille pour moi – journées absolument pas perdues dans l'ennui, vu que j'avais à ma disposition:

1. Ma copie de American Gods que j'avais commandée à la bibliothèque quatre mois plus tôt et qui était ENFIN arrivée la veille de notre vol, si ça c'est pas du cul bordé de nouilles;

2. DES CHATS TROP MIGNONS ET TROP GENTILS EST-CE QUE J'AI DÉJÀ MENTIONNÉ À QUEL POINT J'AIME LES CHATS???


Rappel pour ceux qui ne suivent pas dans le fond: je suis une mémé à chats au plus profond de mon âme, mais on ne peut pas avoir de chat à la maison parce que Flaxou est allergique et ça me déchire le cœur à chaque instant, alors je compense en me jetant sur tous les félins que je trouve en hurlant "MINOU LAISSE-MOI T'AIMER!"

Et là, bonheur suprême: les voisins de notre bungalow étaient partis en vacances, et ils avaient non pas un, non pas deux, mais TROIS chats tous plus mignons et en manque d'attention les uns que les autres.


Autant te dire que c'est haut la main mon meilleur souvenir de toutes les vacances.

(La meuf part aux tropiques et son truc préféré c'était les chats des voisins - EH BEN OUAIS)


(Ma vie de vieille veuve, un aperçu)

Bref, on était arrivés mine de rien à la moitié de nos vacances, quand on s'est réveillés un matin et on n'entendait pas les poulets hurler.

Oui, parce que, parenthèse: il y a des poules PARTOUT sur l'île :


(Même au resort, ils arrivent pas à les faire dégager.)

Personne ne s'en occupe, mais personne ne les mange non plus (c'est du boulot de tuer, plumer et éviscérer un poulet quand il y a du poulet de Nouvelle-Zélande au supermarché pour relativement pas cher) et comme il n'y a pas de prédateurs, ils prolifèrent dans tous les sens.

Et donc, autour de notre maison, il y avait des dizaines de coqs, qui, contrairement à ce que les Contes du Chat Perché m'avaient appris, ne chantent PAS au lever du soleil, mais à la place GUEULENT LEUR MÈRE TOUTE LA PUTAIN DE NUIT.

Le dialogue des coqs, interprété par moi pendant mes nuits d'insomnie:

- GEEEEUUUUURGLLEUUURGH
- QUOIIIIII?
- C'EST LE MATIIIIIN!
- MAIS IL EST DEUX HEURES!
- DEUX HEURES DU MATIIIIIIIIN!

Et voilà qu'un matin, je me réveille à la lueur du jour, et à travers mes boules quiès, je n'entends que les vagues ronflements de Flaxou.

- Eh Fla?
- Mmmmh?
- Tu penses que j'ai enfin réussi à les égorger par le pouvoir de mon esprit?
- Non, je pense que c'est la pluie.
- La pluie?



AH OUAIS PEUT-ETRE.


Les vacances vont-elles être sauvées? La pluie va-t-elle cesser?

La suite bientôt!

(Cliffhanger terrible!)

(LOL TROP PAS IL A PLU JUSQU'AU DERNIER JOUR AHAH.)

dimanche 22 janvier 2017

Vis ma vie de poissarde de l'extrême


Et donc Flaxou et moi on a décidé de faire de la balançoire le jour de l'an.

Pour rappel, on a passé le Nouvel An à Queenstown, LA ville des sensations fortes, et du coup, on s'est dit qu'on marquerait dignement la fin de cette bonne grosse année de merde qu'a été 2016 et qu'on entrerait dans 2017 en faisant un truc fun.

Et pas très loin de Queenstown, il y a une attraction qui s'appelle la Nevis Swing, où on t'attache à un harnais et puis on te jette dans le vide entre deux montagnes, et en échange tu leur donnes de l'argent parce que L'ETRE HUMAIN EST DÉBILE.



(Un gif ici, mais seulement pour ceux et celles qui n'ont pas le vertige.)

Donc on a réservé nos places, payé un rein et demi (mais comme c'était à Queenstown, on s'y attendait) et on est arrivés frais comme des gardons à dix heures du matin au point de rendez-vous.

- Bonne année! 

- Merci, vous aussi!
- Alors on a un problème.



(2017 commence très fort.)

En fait, en arrivant, on nous a dit qu'il y avait des bourrasques de vent très fortes à l'endroit où on devait sauter, et qu'on nous conseillait fortement de basculer notre réservation vers un autre jour.

Sauf que c'était notre dernier jour à Queenstown, donc on a dit tant pis, on tente notre chance.


On a donc passé l'enregistrement, certifié qu'on n'était pas cardiaques ou épileptiques, et que si jamais on mourait notre famille n'avait pas le droit de faire un procès, et puis le mec de l'accueil à dit:

- Maintenant, montez sur la balance pour la pesée, s'il vous plaît.


Moi j'ai dit à Fla:

- Han non! Si j'avais su, j'aurais sauté le petit déj!

- Mais t'inquiète pas Cha, c'est juste pour leur fiche de données, ils vont pas l'annoncer à tout le monde.
- Oui, t'as raison.

Et là, je monte sur la balance, le mec me chope le poignet d'une main et un marqueur rouge de l'autre, et me tatoue un énorme 72 sur le dos de la main. 




Puis il tape un truc sur son ordinateur, me rechope la main, et SOULIGNE le chiffre avec un autre marqueur.


On est montés dans le bus avec trois autres personnes dont c'était aussi le dernier jour de vacances:

- Vous aussi, ils ont essayé de vous dissuader?

- Oui.
- D'un côté c'est cool, on n'est pas beaucoup. Ça fait que si le vent tombe, on pourra tous passer super vite!

On est arrivés à la base au sommet, et là, on est tombés sur TRENTE AUTRES PERSONNES.




On est restés une heure, puis deux, à attendre que le vent se calme, mais c'était pas exactement la joie sur place:

- Et sinon vous êtes là depuis longtemps?

- Huit heures ce matin.
- ...Wow.
- On devait faire une croisière à Milford Sound ce matin, mais ils l'ont annulée... à cause du vent.
- ...Ah.

Et puis Flaxou est venu me voir entre deux parties de Jenga géant (on s'occupe comme on peut en attendant de se faire pousser d'une montagne) et m'a dit:

- Cha, j'ai calculé, même si le vent se calme maintenant, on ne passera pas avant ce soir.


Du coup on est allés voir la réception pour se faire ramener à Queenstown, et on leur a demandé s'ils ne pouvaient pas nous transférer à une autre attraction. La réceptionniste nous a dit qu'il y avait une autre balançoire, moins grande mais fun quand même, qui surplombait la ville, et qu'il y avait une ouverture pour 15h30.

On a vu les photos de ce genre:



Et on s'est dit: "C'est cool, on aura pas poireauté deux heures et demie pour rien, on a quand même sauvé la journée!"

(Innocents petits agneaux que nous étions.)

La meuf nous fait les réservations, et commence à nous briefer, quand un mec se pointe avec un talkie-walkie à la main:

- Tu leur parles de la balançoire à Queenstown? Ils peuvent pas y aller. Je viens de leur parler à l'instant, le vent est arrivé chez eux, ils ont des bourrasques à 100 kilomètres/heure, ils ferment tout pour la journée.




On commençait à être un peu démoralisés, mais la gentille nana nous dit alors:

- Je sais pas si c'est le genre de trucs qui vous intéresse, mais je peux toujours voir s'ils ont des places au saut à l'élastique de la rivière Kawarau. C'est en contrebas, alors ils ne sont pas affectés par le vent.


La rivière Kawarau, c'est celle-ci:



Tu l'as peut-être vue dans ce film un peu méconnu qu'on appelle la Communauté de l'Anneau:



(Eh ouais ma couille)

Le bungy qui est établi sur le pont est le plus vieux de Nouvelle-Zélande, et le plus vieux du MONDE.

(Oui, il semblerait que parfois, les Kiwis soient les premiers à faire quelque chose.)

(Je suis aussi surprise que toi.) 

Bref, on a sauté sur cette occasion de rattraper la journée, et miracle! Il y avait une place pour 16h30.

On est retournés à Queenstown pour le déjeuner (enfin, le sandwich de 15h30 englouti sur le parking, c'est pareil) et c'était direction le centre de bungy, à 20 kilomètres de là.

On est arrivés gonflés à bloc, on a passé très rapidement l'enregistrement, et on s'est retrouvés sur la plateforme en moins de deux, baudriers attachés, pleins d'angoisse et d'anticipation.

SAUF QUE.

Sauf que le gus devant nous est passé, les mecs lui ont mis les orteils dans le vide... puis l'ont ramené sur la plate-forme.

Avant de venir nous annoncer:

- Bon les gars, on va faire une pause un moment, il y a trop de vent pour sauter.


(EVIDEMMENT)

Là, je commençais à croire qu'on était vraiment maudits.

D'autant que les moniteurs en rajoutaient des couches:

- Ah mais vraiment, c'est super rare qu'on soit touchés par les bourrasques de vent! On est ouverts tous les jours, toute l'année, et ça doit bien faire deux ans que c'est pas arrivé!

(Ah ben merci Marcel, j'me sens super spéciale.)

Au final, après une-demi heure d'attente (et alors qu'on n'y croyait vraiment plus), les moniteurs ont fait:

- Bon les gars, le vent s'est calmé quelques minutes, par contre ça va pas durer alors là il va falloir carburer, okay? Pas d'hésitation, on vous attache et vous sautez, point barre!


On s'est donc mis dans la file d'attente, et effectivement ça carburait, les mecs perdaient pas une seconde à remonter l'élastique et à évacuer les gens en bas. Moi pendant ce temps je regardais en bas du pont et je me disais:

- Je me demande si c'était une bonne idée, en fin de compte...


Puis le mec nous a fait signe d'avancer sur la plateforme, et nous a ficelé les chevilles plus serré que quand ma mamie ligote un rôti de Pâques (genre c'était plus un garrot qu'autre chose). Résultat, quand il nous a levé, je tenais à peine debout, et quand il nous a dit:

- Avancez jusqu'au bout de la plateforme!


Eh ben j'arrivais pas à marcher et j'ai dû SAUTILLER jusqu'au bord, on aurait dit que j'étais une prisonnière de pirates qu'on s'apprête à jeter aux requins, c'était parfaitement ridicule.

On est arrivés au bord et y'avait un vent pas possible qui nous fouettait de partout. Le mec nous a dit de nous mettre en position côte à côte, avec une main autour de la taille de l'autre, et l'autre main en l'air. Mais moi j'ai fait:



J'ai commencé à dire:

- Vous êtes sûrs que c'est bon, là, pour sauter? 

- Chut! Regardez devant et faites coucou à la caméra!
- Parce que le vent...
- Chut! Regardez sur la gauche et faites coucou à la deuxième caméra!
- Non mais parce que ça tangue quand même...
- Mettez-vous bien droits côte à côte, et Flavien, tu peux lâcher le pont. A trois, vous sautez!
- C'est juste que je me demande si c'est bien sécurisé...
- TROIS, DEUX, UN!



Conclusion: 2017 démarre pas si mal.


Et sinon j'ai pas pris de bonnes résolutions parce que j'en prends jamais, mais si jamais t'en as, fais tourner, ça m'intéresse.

Et bonne année! 

(C'est bon, j'ai jusqu'au 31 janvier, je peux encore le souhaiter.)

lundi 16 janvier 2017

Séries 2016, partie II : le top

On continue dans la rétrospective des séries de 2016, et le moins qu’on puisse dire, c’est que même si 2016 a quand même globalement été une bonne grosse année de merde, au niveau séries, c’était un sacré bon millésime.

J’en veux pour preuve les bijoux ci-dessous, et accroche-toi à ton sloup, ça va être un long article.

(J'ai essayé de faire le tri, mais je ne suis qu'humaine.)



Black Mirror


Alors Black Mirror, c’est pas une nouvelle série de 2016, mais en fait un peu quand même.

Les trois premières saisons de la série étaient produites par Channel 4, une chaîne britannique réputée pour ses séries décalées de bonne facture (entre autres, les cultissimes Black Books et IT Crowd) mais aussi pour ses programmes bien merdiques (Come Dine with Me, et autres Gypsy Wedding de bas étage).

Au milieu de tout ça, on avait Black Mirror, une pépite noire comme une nuit sans lune, au concept simple : chaque épisode se présentait comme un moyen métrage de 30-40 minutes, situé dans un futur proche ou lointain, et nous présentant une avancée technologique et l’utilisation que la société en fait. Aucun lien entre les épisodes, donc, si ce n’est le thème central : la technologie et ses dérives.

Et le génie de Black Mirror, c’est que la série ne bascule jamais dans le prêchi-prêcha facile, type « Bouh la technologie nous aliène, c’est pas cool, allons vivre dans les bois sans eau courante ». Dans chaque épisode, on voit clairement que le problème n’est pas la technologie en soi, mais l’usage qui en est fait (abusif, détourné ou corrompu).

Et alors faut pas être sensible, les potos, parce que chaque épisode de Black Mirror va te faire dire « On est tous des merdes et la vie est moche » en seulement la moitié du temps requis pour regarder Requiem for a Dream.

Donc, qu’est-ce qui a changé entre les trois premières saisons de Black Mirror et la quatrième ? C’est que la série a été rachetée par Netflix, ce qui m’angoissait quelque peu.

Non pas que je n’aie pas confiance en Netflix – c’est une chaîne qui pour l’instant ne m’a jamais déçue – (prends-en de la graine, HBO) mais j’avais peur qu’en changeant de continent, le ton de la série bascule vers quelque chose de moins noir, de plus conformiste – en un mot, de plus américain.

Et comme il faut savoir admettre ses erreurs, j’admets la mienne volontiers : la saison 4 de Black Mirror est aussi bonne que les précédentes.

Les thèmes abordés sont dans l’air du temps (le diktat de l’apparence sur les réseaux sociaux, ou la réalité virtuelle, pour n’en citer que deux) et très bien traités – et, à mon grand soulagement, aucune trace de « c’était mieux avant ».

Seul bémol (mais inévitable vu le format) : la série est très inégale en qualité, avec des épisodes brillants (celui avec les abeilles, sublime) et d’autres juste bof (ouh là là, des soldats à qui on lave le cerveau, originalitay). Pareil pour les acteurs, des fois incroyables de justesse, des fois carrément gênants de cabotinage. 


(Et y’a rien à faire, je peux pas sacquer Bryce Dallas Howard.)

Je dis aussi oui au seul épisode positif jamais vu dans Black Mirror (San Junipero), parce que les dérives de la technologie c’est cool, mais des fois aussi c’est bien de voir une fin qui ne donne pas envie de se tirer une balle dans le slip.)




The Expanse


Une petite série de SF sans prétention, mais au final bien sympathique.

Ça se passe dans le futur, les humains ont colonisé l’espace, et Mars et la Terre sont deux super-puissances en guerre, pendant que les autres colonies vivent dans une sorte de tiers-monde de l’espace. Dans ce contexte, un vaisseau de transport plein de beaux gosses se fait atomiser par ce qu’ils pensent être un navire martien, y’a plein de conspirations, ah oui et peut-être que tout le monde va mourir tué par un parasite moussu.

La série est basée sur une série de romans récente, et ça se voit tout de suite, parce que l’univers est très étoffé et je suis à peu près certaine que ça doit être l’horreur totale de regarder cette série si on a lu les bouquins, parce que rien que là je peux sentir qu’ils passent super vite sur plein d’éléments de contexte.

Notamment un truc un peu chelou, c’est qu’on appuie vachement sur le fait que les gens qui vivent dans le tiers-monde ont plein de problèmes de santé parce qu’ils ont pas assez d’eau et que l’oxygène est contaminé, mais par contre tout le monde dans cette série est foutu comme un mannequin Calvin Klein.

Genre même le détective qui a passé sa vie à boire du plomb et respirer de l’amiante, ils le font jouer par le mec de The Punisher.


(« Nan mais c’est bon, on lui a mis une sale coupe de cheveux, ça passe ».)

Au final, certains acteurs pédalent un peu dans la semoule, mais c’est vraiment le seul reproche que j’ai à faire a The Expanse.

(Et, pour une série SyFy, les effets spéciaux sont franchement pas dégueu.)

(Je m’attendais au pire)

(HeumheumStargateSG-1.)




Stranger Things


Bon, je ne vais pas gloser dessus quarante pages, parce que le monde entier l’a fait, et je suis quasi sûre que tu as déjà vu la série de toute façon, alors voilà : Stranger Things c’est super. Rien à rajouter, tout est giga bien, acteurs, histoire, musique, et aussi est-ce que c’est possible d’adopter le môme sans dents s’il vous plaît, c’est pas pour moi c’est pour une copine.


(Bon d’accord j’ai menti, c’est pour moi.)

(Mais regardez cette bouille !)

Une chose avant de conclure: Tumblr a développé une théorie comme quoi Steve de Stranger Things est le père de Jean-Ralphio de Parks and Rec, et je suis MILLE POUR CENT D'ACCORD.


D'ailleurs je suis à fond derrière TOUTES les théories de crossover avec cette série:


JE DIS OUI



JE DIS TRIPLE OUI

Ah si pardon, juste une critique : Stranger Things, ce n’est pas comme ça que les gens s’habillaient (et surtout pas se coiffaient) dans les années 80.

Stop a la glamourisation nostalgique de cette période honnie de la mode.

Les années 80, c’était pas ça :


C’était ça :


NEVER FORGET.

(Ah et puis Barb elle est morte hein, c’est clair. Qui sont ces gens qui en doutent encore ?)




Westworld


Comme pour Stranger Things, je vais pas te raconteur l’intrigue, vu que Westworld c’est LA claque de 2016.

Apres de très longues années d’attente (j’avais entendu parler du début de ce projet en 2012, c’est dire), Westworld est enfin là, et force est de dire que la hype valait carrément le coup.

Casting cinq étoiles (Ed Harris n’a pas vieilli depuis Abyss) (Anthony Hopkins, lui, vieillit, mais reste toujours aussi flippant) (big up à son regard de serpent qui te fait frémir jusqu’aux tréfonds de ton âme), décors de fifou, effets spéciaux au top, scénario bien nourri, réflexions sur l’âme humaine, tout y est.

Mention spéciale au scénario plein de twists qui te fait te questionner tout le temps, au point que ça en fait surchauffer plus d’un :

- Je suis sûr que lui c’est un robot.
- Chut.
- La meuf à qui il parle, je suis sûr que c’est un robot aussi.
- Fla, tais-toi !
- Le vieux, je te parie qu’en fait c’est un robot.
- Mais ça n’a aucun sens, c’est lui qui a créé les robots !
- TU SAIS PAS !

Mais tu sais que c’était une bonne saison quand tu passes des jours à débattre et échafauder des théories tirées par les cheveux.

Pour les initiés, le grand clivage de mon couple actuellement (surligne pour voir – attention spoilers) :

Fla soutient mordicus qu’en ne s’échappant pas du parc, Maeve a commis son premier vrai acte de libre arbitre, tandis que moi je suis persuadée qu’elle n’a en fait pas réussi à se débarrasser de son programme qui l’empêchait de sortir, et qu’elle a juste l’impression de choisir de rester.


Dernière remarque : le scénario est adapté de Mondwest, un film des années 70 écrit par un certain Michael Crichton – un mec qui, décidément, avait une certaine fixette sur des parcs d’attraction créées par des vieux Anglais aux cheveux blancs et dont les créatures échappent à tout contrôle et attaquent les visiteurs.


(Sérieusement, une fois que t’as fait le rapprochement, c’est impossible de voir autre chose.)



Sense8


AVERTISSEMENT: je couronne direct Sense8 comme ‘pire série à regarder avec tes parents’.

(Ex aequo avec les premières saisons de Game of Thrones.)

Et je préviens, parce que le pitch pourrait faire penser à une série familiale, à la Heroes (mais en moins mauvais) : Huit individus de par le monde se retrouvent soudain connectés psychiquement les uns aux autres, et découvrent qu’une mystérieuse organisation est à leurs trousses pour leur faire des expériences dessus et les utiliser à des fins pas cool.

A ce stade, si t’aimes bien la science-fiction, t’es déjà en train de bâiller d’ennui, parce que le coup des gens aux pouvoirs psychiques traqués par des méchants, c’est le synopsis d’environ trois mille séries et films depuis l’aube des temps (coucou Heroes, coucou X-Men, coucou Limitless, coucou Minority Report, coucou Jarod Le Caméléon, coucou les Incroyables Pouvoirs d’Alex).


(Mais si, la gamine qui se faisait asperger de produits chimiques et ensuite elle pouvait se transformer en liquide comme un T-1000!)

Sauf que la série part dans une direction un peu moins convenue, grâce au lien entre les huit héros, qui peuvent ‘prendre possession’ les uns des autres et ainsi prêter leurs talents respectifs aux autres en cas de besoin.

Les talents restent d’ailleurs plutôt réalistes – hormis la Coréenne qui est une machine à combattre totalement improbable (genre la meuf de quarante kilos qui dézingue dix-sept mecs à mains nues – pardon mais non).

Bref, tout le monde a son petit talent : l’Américain est flic, l’autre Américaine est une hackeuse, le Mexicain est un acteur (et donc super bon menteur), l’Indienne est chimiste, l’Allemand est un couteau suisse humain (il sait se battre, crocheter des serrures, assassiner des gens, la totale), le Kenyan sait réparer les voitures et conduire à contresens sur l’autoroute (tu sais pas, ça peut être utile), et l’Islandaise….sait où trouver des boîtes de nuit sympa ?



(Toi aussi, trouve le personnage mal-aimé.)

Bref, la série est originale malgré son pitch convenu, et fourmille de trouvailles visuelles très intéressantes (le style Wachowski, on aime ou on n’aime pas, mais on ne peut pas nier que c’est inventif) (le bullet time, quoi !)

Par contre, je répète mon avertissement de plus haut : Sense8 n’est pas une série familiale, puisqu’outre la violence, les meurtres et les gens qui se shootent a l’héroïne, on y trouve aussi PLEIN de scènes de cul (qui sont bien filmées, hein, mais bon, ça peut mettre un peu la gêne si tu fous ça à la télé pour la Chandeleur, quoi).

(Mention spéciale à la meuf super cheloue qui commence à se toucher dès que ses potes gays s’embrassent devant elle.)


(Euh, tu le dis si on te gêne, hein ?)

La série a été louée pour sa diversité, puisqu’on y trouve des personnages gays, transgenre, et de (presque) toute la terre (mais quand même deux Américains sur huit) (alors qu’il vous suffisait d’en remplacer un par un Kiwi, et paf ! Vous aviez tous les continents !)

(J’aurais même accepté un Australien, c’est dire.)

Par contre ça reste Hollywood, donc ils sont quand même tous hyper beaux.

(Notamment les mecs qui ont tous des corps de ouf, genre okay je comprends que l’acteur ait des tablettes de chocolat, et que le flic soit musclé, mais le gangster c’est un Allemand et il a pas de Bierbauch ? Moi je dis qu’il y a une arnaque quelque part.)

(Idem pour le Kenyan qui vit dans les bidonvilles mais a quand même des beaux muscles, des dents parfaites et une peau immaculée.)

Mais bon, ne boudons pas notre plaisir, Sense8 reste une série vraiment cool, originale et bien jouée (même le remplacement de Capheus est bien).

(Par contre, pense à zapper le générique tout de suite, parce que c’est le plus long générique de série de toute l’histoire des génériques de série.)

(Je sais pas ce qui s’est passé, si les Wachowski ont eu un accès illimité à GettyImages pendant quelques jours et qu’elles ont décidé de se faire plaiz, mais stop. On s’en bat les couilles, montrez-nous encore des partouzes si vous voulez, mais stop les images de volcans et d’enfants qui mangent des barbes à papa, merci.)




Gravity Falls


Je triche un peu parce que c’est pas une série qui a commencé en 2016, mais qui s’est terminée en 2016 – mais vu que je l’ai découverte sur le tard, ça restera mon gros coup de cœur de 2016.

J’ai découvert Gravity Falls comme je découvre 30% des séries que je suis (les autres 70% étant Sarah qui me message frénétiquement en disant « Meuuuf regarde cette série j’ai personne avec qui en parleeeer ») : à savoir, en tombant sur des gifs rigolos sur le net et en suivant les commentaires qui font ‘Haha funny - source plz?’

C’est d’ailleurs comme ça que je suis tombée sur Parks and Rec (la meilleure série de l’univers et du multivers réunis) (et je ne dis pas ça parce que Leslie Knope est mon animal spirituel).

(PS : J’ai fait découvrir Parks and Rec à mes deux collègues du département Marketing, et elles sont toutes les deux revenues en hurlant OMAGAD CHARLOTTE YOU ARE SUCH A LESLIE KNOPE THIS IS INSANE – et je ne sais toujours pas si c’est un compliment ou si ça veut dire que je suis soûlante.)

Bref.

Gravity Falls est une série animée qui est sortie sur Disney Channel – en théorie deux bonnes grosses alertes à la culculserie et l’infantilisme de bas étage – mais que nenni ! Cette série est en fait beaucoup plus mature qu’elle n’y paraît.


(3615 belle leçon pour nos têtes blondes)


(3615 blague de cul)



(3615 BONNE NUIT LES PETITS)

L’histoire se résume vite : Dipper et Mabel, des jumeaux de 12 ans, partent vivre chez leur grand-oncle Stan pendant les vacances d’été, et passent deux mois (deux saisons) dans le village de Gravity Falls en Oregon, où ils remarquent qu’il se trame plein de choses mystérieuses à base de monstres et autres créatures paranormales.

Et bon, on va faire simple et direct : j’aime TOUT dans cette série.

L’animation est jolie et très bien faite, les personnages incroyablement attachants (mention spéciale à Mabel, au top de l’adorabilité), les doubleurs excellents (avec certains guests crème de la crème), l’intrigue sait rester légère sans jamais piétiner, et surtout LA CONTINUITÉ EST TELLEMENT AU TOP JE FONDS DE BONHEUR.

(Tu vois que l’auteur savait exactement où il allait dès le début, et ça c’est du kif pur à regarder.)

Bref, je te conseille cette série à mille pour cent, tout y est génial et magique, fonce et remercie-moi plus tard.




The Man in the High Castle


Techniquement pas tout à fait une série de 2016 non plus, puisque le pilote est sorti il y a ouat’mille ans, mais on va pas enculer les mouches.

The Man in The High Castle est une adaptation du roman éponyme de Philip K. Dick, auteur cultissime de SF à qui on doit l’inspiration derrière d’immenses chefs-d’œuvre du cinéma (Blade Runner), d’autres très bons films (Minority Report, A Scanner Darkly, The Adjustment Bureau) et d’autres… films (Total Recall).

J’étais doublement hypée pour The Man in the High Castle, d’abord à cause de la qualité du matériau de base, mais aussi parce que l’histoire est une uchronie, alias mon genre littéraire préféré de tous les temps.

Petit rappel pour les anciens Bac S : L’uchronie est une forme de science-fiction qui nous dépeint un présent alternatif : l’auteur va changer un élément de l’Histoire, et, à partir de là, élaborer où en serait la société actuelle. (Pense L’Effet Papillon, Wolfenstein: New Order, ou encore l’excellent 22/11/63 de Stephen King). C’est un genre très casse-gueule, mais quand c’est réussi, c’est ultra cool.

Tout ça pour dire que j’avais beaucoup d’attentes de cette série. Et dis donc ma gueule, j’ai pas été déçue.

En fait, c’est l’une des seules fois dans ma vie ou je n’ai PAS préféré le livre.

(La seule autre exception étant le premier film Twilight – qui est mauvais, certes, mais moins mauvais que le livre, parce qu’au moins on n’a pas à subir l’affreux style d’écriture de Stephenie Meyer.)

Le livre présente une idée intéressante, mais s’arrête au final très peu sur la description de la société, et à la place choisit de partir dans des réflexions sur le destin et le libre arbitre – ce qui ne m’avait pas vraiment dérangé, mais m’avait un peu frustré, parce que j’aurais voulu en savoir plus sur le monde que décrivait Philip K. Dick.

Et là, c’est super, la série s’en charge, j’ai eu le beurre, l’argent du beurre et le sourire des Nazis.


Oui parce que l’histoire, la voilà : nous sommes en Amérique du Nord, dans les années 1960, sauf que c’est l’Axe qui a gagné la Seconde Guerre Mondiale. Les anciens Etats-Unis sont donc séparés en colonies du Japon (à l’Ouest) et du Troisième Reich (à l’Est), avec une zone-tampon au milieu, dans les Montagnes Rocheuses. Les deux anciens alliés sont en pleine guerre froide, et on sent bien que tout le monde est pas mal nerveux à l’idée que ça pète.

La série est bien jouée, bien filmée, et DIEU MERCI les personnages Allemands parlent en vrai allemand, pas en allemand d’Hollywood (« Ach ach nous zommes drès médchantz ! »). Mais surtout, l’univers dépeint est crédible et réaliste, et oui d’accord c’est parfois bien déprimant, mais en général j’enchaîne avec un épisode de Gravity Falls et ça rééquilibre l’univers.



Master of None


Techniquement une série de fin 2015 (okay, je triche) mais je trouve ça criminel qu’il n’y ait pas plus de gens qui connaissent Master of None, alors voilà.

Master of None est une série originale écrite et jouée par Aziz Ansari, un acteur et comédien qui fait du stand-up, mais qu’on connaît surtout pour son rôle de Tom Haverford dans Parks and Recreation.


(Oui je sais, je fais référence à Parks and Rec tout le temps, j’y peux rien c’est génial.)

Bref, Master of None est une série qui suit le quotidien de Dev, un jeune acteur de second plan, ses amis, ses amours, ses emmerdes, tout ça.

Et en parlant d’emmerdes, la série avait un très fort potentiel pour devenir emmerdante (comme toutes les séries bâties autour d’un seul personnage), mais heureusement pour nous, Master of None déborde d’humour, d’énergie, et de moments absolument choupis et pas du tout culcul (un équilibre très rare).

Et aussi, c’est une anecdote, mais les parents de Dev dans la série sont joués par les vrais parents d’Aziz Ansari, et non seulement son père crève l’écran alors que c’est même pas un professionnel, mais aussi c’est les gens les plus adorables du monde, et je voudrais les adopter tout de suite s’il vous plaît.



(Ils pourront m’aider à élever le gosse sans dents de Stranger Things.)




Voilà, c’est mon top personnel de 2016, j’espère qu’il t’aura aidé à relativiser la nullité qu’a été cette année.

(Enfin, dans la globalité des choses, hein.)

(Parce que personnellement j’ai eu une très bonne année 2016 – j’ai eu une augmentation, je me suis baignée sous des cascades, j’ai fait du vélo et j’ai mangé des Ferrero Rocher géants.)

(Et c’est pas genre une boîte de petits Ferrero Rochers en forme de Ferrero Rocher géant.)

(C’est UN GROS rocher.)

(Je sais pas si tu saisis à quel point c’est important comme nuance.)

Bref, c’est tout pour aujourd’hui – n’hésite pas à partager tes coups de cœur, j’accueille toutes les suggestions de nouvelles séries avec grand plaisir.

(Sauf toi, Sarah.)

(Tu m’en donnes déjà trop, laisse un peu parler les autres.)