jeudi 26 mars 2009

tu pues tu piques tu manges de la crotte de bique



Professeur Flaxou s'est remis à lire mon blog pour cause de "oh c'est la crise personne veut m'embaucher".

Et il est pas content.


- Tu dis partout que je suis un méchant ! Diffamation ! Infâme calomnie ! J'ai même jamais dit que je limerai les dents de ton lapin ! J'ai juste dit que je le mangerai, c'est beaucoup plus humain.


Donc soi-disant que le monstre sans coeur c'est moi.


- Pour qui tu me fais passer ? T'as oublié de dire toutes les choses gentilles sur moi ! Hier matin qui c'est qui t'as laissé de l'eau chaude exprès pour que tu puisses prendre ta douche de bourgeoise qui dure une-demi heure ? Qui c'est qui t'as amené ton verre de sirop quand t'étais en train de faire semblant de bosser sur ton ordinateur mais qu'en fait tu regardais les chats débiles qui écrivent en SMS ? Je déteste les chats en plus.


Alors voilà, lecteur, lectrice : Professeur Flaxou sait que tu l'aimes déjà plus que moi, mais il veut que j'arrête de lui faire de la fausse publicité.


Il veut que je dise à mon monde entier (composé de soixante personnes) qu'il est gentil, qu'il m'apporte toujours mon bol de soupe quand il est trop chaud pour mes petits doigts, que c'est lui qui mets les sparadraps sur mes orteils quand mes super belles baskets qui me font ressembler à Juno me font mal aux pieds.


Il veut que je dise qu'il ne râle jamais quand je le frappe la nuit (parce qu'il ronfle, ou qu'il colle, ou qu'il respire fort, ou juste parce qu'il arrive à dormir et pas moi) ou que je cuisine avec des échalottes alors qu'il déteste ça, ou même toutes les fois où je rentre de mes cours clandestins, que j'ouvre la porte, et que je hurle dans le couloir "Et la bouffe, elle est prête, salope ?"

Mais comme je trouve que vous l'aimez déjà bien assez fort et que c'est vachement plus marrant quand je dis des trucs méchants, je vais quand même continuer à dire que c'est rien qu'un gros no-life qui pue et qui pique, et que la dernière fois que j'ai cherché à virer des films pour faire de la place sur le disque dur portable, je suis tombée sur cinquante gigas de "hot american lesbians".


Et il a accepté le lapin, mais seulement si je l'emmène avec moi en Angleterre, sinon "je ne peux pas garantir qu'il ne lui arrivera pas un malheureux accident. Genre que je le dissèque malencontreusement."



En fait il a pas vraiment dit ça. Mais je sais bien qu'il restera votre préféré quoi qu'il arrive, et que toutes les vidéos de moi bébé crômeugnonne au monde ne pourront pas changer ce fait (mais j'essaye quand même, allez voir du côté du titre).

dimanche 22 mars 2009

Ce matin, un lapin, ne sera pas mien



Des fois j'ai des lubies qui me viennent un beau jour, et qui partent plus jamais.

Genre un jour j'ai commencé à jouer à Pokémon, et ça fait neuf ans que j'ai jamais joué à aucun autre jeu vidéo. Ou encore je me dis que je vais apprendre à jouer du ukulélé et je sais toujours faire que le La depuis six mois (si vous connaissez des chansons à une seule note, c'est le moment de partager).

Et depuis quelques années, je voudrais un lapin.

Avant je pouvais pas en avoir parce que j'habitais en cité U et que même les animaux d'ornement sont interdits (animaux d'ornements c'est tous les trucs qui font pas de bruit et qui bougent pas trop, et que tu peux pas serrer dans tes bras. Genre un poisson. Ou un cobra.)

Et encore avant, je pouvais pas en avoir parce que j'habitais chez ma mère et que le chat l'aurait mangé, ou traumatisé jusqu'au point de non-retour minimum. C'est un prédateur féroce mon chat. Il mange tout : des mouches, des demi-souris, des demi-oiseaux (l'autre moitié il les apporte sur mon lit le matin pour que j'aie un petit déj fort en protéines), ou encore le genou de Sarah.

Mais maintenant, il n'y a plus aucune barrière entre moi et un mignon petit lapin coefficient 100 en mignonneté.

Petite échelle explicative :
Coeff -100 : une araignée velue
Coeff -50 : une blatte
Coeff 0 : un crapaud
Coeff 20 : un hamster
Coeff 50 : un lapin nain
Coeff 70 : un chaton
Coeff 80 : un lapin nain avec les oreilles qui tombent
Coeff 100 : un bébé lapin nain avec les oreilles qui tombent

Enfin, je pensais qu'il n'y avait plus d'obstacle. Mais il reste le mur d'austérité qu'est Professeur Flaxou.

- Les animaux c'est nul ça sert à rien. Ils restent là et ils te fixent genre "oh je suis mignon", ça m'énerve. Et ensuite tu pars pendant un an, et ce serait à moi de m'en occuper ??! Tu te rends pas compte ?!! Ca fait au moins trois minutes par jour où je pourrai pas jouer ! Sur un an, ça fait des journées entières de perdues !

Donc là, j'ai un problème. Professeur Flaxou est un robot sans coeur et sans âme, et je sais qu'aucun animal mignon ne pourra trouver grâce à ses yeux (même un coeff 100). Et il a une prédisposiation à détester les lapins, puisqu'ils aiment bien ronger les câbles d'ordinateur.

Vous auriez pas des arguments scientifiques sur l'utilité d'un adorable lapin nain dans un appartement ?

Des arguments assez forts pour contrer son "Si tu en achètes un, je lui lime les dents" ?

vendredi 20 mars 2009

la météo du bonheuuur, la météo du cooeeeuuur



J'aime MétéoFrance point com.

J'adore déprimer en regardant le temps qui devient moche et les températures qui disent non, c'est encore l'hiver, on est le 20 mars tant pis, la la la la laaaaa je t'entends paaas.

J'adore regarder la carte des vents même si ça sert à rien sauf à faire la femme des bois à la fac :


- Dis donc il fait meilleur aujourd'hui !

- Ben oui c'est normal, on a vent du Sud-Ouest aujourd'hui. C't'évident.


Ce que j'aime pas, c'est cliquer par inadvertance sur la pub de MétéoFrance point com alors que j'essaye juste de cliquer sur la croix qui ferme la pub.


(en plus j'ai déjà pas les sous pour m'acheter des T-Shirt "I love Gandalf", alors pour m'acheter une Toyota Yaris, repassez quand je serai morte étouffée par un écu de ma piscine en or).


Mais la croix est toute petite et mon curseur c'est une banane.

jeudi 12 mars 2009

rêve



Alors d'abord tout était normal, sauf que j'étais en Pologne et que je travaillais dans un genre de sanatorium qui ressemblait au château de Wawel. Seulement tous les jours j'arrivais en retard parce que je trouvais pas de place pour me garer au centre-ville, et puis ensuite je passais par un bâtiment avec des étages, des vieux escaliers, des rampes en fer, des bibliothèques partout, et des gymnastes vampires.

Et je trouvais pas l'accès pour mon sanatorium. Je l'ai trouvé une fois, mais j'avais oublié mon laisser-passer. Mais les gens ils continuaient à m'embaucher pour rien faire, genre en Pologne on a de l'argent à jeter par les fenêtres, ah ben bravo.

Et puis finalement j'étais en voyage scolaire et j'étais bien contente parce que c'était moins stressant que ce boulot au sanatorium. Et y'avait un mec avec des cheveux noirs qui me draguait dans le bus du genre "vous marinez chez vos harengs".

Ensuite je marchais le long d'une rivière bleue fluo avec mon père, et il achetait des graines, tout plein de graines, il disait c'est génial ce pays ils vendent plein de graines qu'on a pas chez nous.

Et à ce moment mon appareil photo sonnait, je trouvais ça un peu bizarre, mais je décrochais, et c'était le mec du bus qui me disait qu'il voulait m'emmener à la frontière ce soir parce qu'il paraissait que c'était un des endroits les plus dangereux du monde. (bonjour, je suis pas du tout chelou) Alors je lui disais ouais enfin j'ai pas super envie d'y aller du coup, et il commençait à me baratiner, alors pour le couper je lui disais Ecoute, je t'entends mal, je suis sur mon appareil photo.

Je pense que j'ai trouvé la méthode la plus originale pour remballer quelqu'un depuis l'invention du "attends chérie je passe dans un tunnel".



PS : En lien du titre, une vidéo qui n'intéressera que Sarah.

mercredi 11 mars 2009

Moi j'aime bien les hippies, mais que ceux qui jouaient de la musique en 1969



Je vous jure que je voulais faire un article drôle, et sympa, et cool.

Mais je peux plus. Il faut que je me défoule, et j'ai mal aux poings à force de taper sur mon punching-ball. Alors ce blog sera mon défouloir, pour une fois.

Je pense que si je suis tellement énervée, c'est surtout que ça me fait tellement mal d'admettre que ma mère avait raison. S'il y a bien une chose au monde que je déteste, c'est d'admettre que j'aurais dû écouter ma mère (mais après tout, est-ce qu'on est pas toutes un peu comme ça ?)

Eh ben voilà, maman, t'avais raison.

J'aurais jamais dû aller à la fac.

Je sais déjà que s'il y avait eu n'importe quelle alternative à la fac pour étudier les langues, j'aurais choisi cette alternative. Mais prépa langue, ça existe pas, et pour rentrer en école d'interprète, il faut déjà un diplôme. Alors je me suis dit, oh, je vais en fac, ce sera tranquille, je me ferai des amis, ça peut pas être si terrible.

Effectivement, ce fut tranquille, effectivement, j'ai rencontré des gens formidables. Mais si, c'est si terrible, et bien plus que ça encore.

Tu sais, au début, je me suis dit que c'étaient des grands naïfs, des genres d'ados attardés qui pensent encore qu'on peut changer le monde alors qu'ils ont vingt ans révolu, qui portent des T-Shirts Che Guevara et qui pensent encore sérieusement que Lénine était un chic type, mon dieu que c'est triste.

Mais quand je regarde ce qui se passe, je me dis que la naïve, c'était moi.

J'étais naïve d'avoir pu penser que je pourrais tenir trois ans là-bas sans encombre, que je pourrai avoir ma licence tranquille.

J'étais naïve d'avoir songé une seule seconde que, peut-être, on pourrait arriver à une solution raisonnable, et laisser tranquille les étudiants qui pensent que oui, effectivement, une université, c'est un peu fait pour aller en cours, et pour passer des examens, et pour avoir un diplôme. Pas juste pour "apprendre la vie" ou "collecter du savoir" et aller pointer à l'ANPE, merci de m'offrir cet emploi de vendeuse chez Auchan qui correspond tellement à mes aspirations de meneuse du monde libre vers le communisme mondial.

J'étais naïve d'avoir osé me dire que peut-être ces petits branleurs de marxistes en pleine crise prépubère pourraient effectivement me foutre la paix.

Je ne leur demande même pas d'ouvrir les yeux, de grandir, de prendre compte de la situation actuelle, je sais que c'est trop pour leurs petites cervelles frites dans le tofu. C'est vrai quoi, jouer du didjeridoo pendant si longtemps, ça doit faire perdre pas mal de neurones. C'est la seule explication que j'ai trouvé au fait qu'ils portent des sandales au mois de novembre et qu'ils viennent me parler à moi, étudiante en civilisation russe, des bienfaits de la révolution de 1917.

- Nan mais tu vois quoi, Staline je dis pas hein, mais Lénine ! Lénine, ça c'était un vrai grand, un visionnaire ! Lui il voulait juste le bonheur du peuple tu vois, c'était un mec bien.
- On parle du même Lénine qui a pris le pouvoir par la force après une guerre civile de deux ans, qui a fait exécuter tous ses opposants, et qui a ouvert les premiers camps de réfugiés politiques en Sibérie ?
- Ouais, mais c'était pour le bien du peuple, tu vois. Comme nous avec le blocage.

Là, je suis d'accord. C'est exactement pareil.

- On va faire une AG pour voter pour ou contre le blocage !
- Ce serait pas mieux de faire un référendum pour que les 45 000 étudiants votent, au lieu de faire ça à main levée dans un amphi qui ne peut contenir que 500 personnes ?
- Ah mais on va pas tout faire à leur place hein, s'ils viennent pas c'est qu'ils comptent pas.

Donc non, je ne demande pas à ces cerveaux de moule de grandir, ou alors il faudrait que je me mette sérieusement à croire en un Dieu, voire même à plusieurs en même temps.

J'aimerais juste qu'ils trouvent un moyen plus cool de passer leur crise d'adolescence. (Moi, à quinze ans, je me contentais de mettre du Offspring à fond la caisse dans ma chambre pour énerver ma mère.)

J'aimerais juste avoir mon diplôme, et me casser de ce pays. S'ils veulent pourrir dans leur merde et rater leur vie pour une "grande cause", c'est leur problème.

Mais j'aimerais bien pouvoir recevoir mon enseignement supérieur sans devoir me battre.

J'aimerais bien me lever à sept heures sans découvrir des tables et des chaises qui barrent toutes les entrées, et ces putains de hippies décérébrés devant les portes armés de tracts anarchistes.


J'aimerais bien avoir un diplôme.

J'aimerais bien avoir un semblant d'avenir.

Et pas celui qu'ils me promettent.



PS : A l'anonyme numéro 1 :
Bon, évidemment, dit comme ça... Soit, je reconnais que je me suis un peu emportée, c'est mes nerfs qui sont usés par les "ouais mais attends t'as rien compris" que je me prends dans la gueule par des mecs qui savent même pas que la Tchéka existait sous Lénine. Donc, pardon, tu n'es pas du tout de ce genre-là et tes arguments valent la peine que je m'excuse. C'était fun de communiquer par blog ^^

samedi 7 mars 2009

J'ai abandonné mon chat pendant quatre jours, il a sauté du balcon. Mais bon c'est un chat quoi.



Salut, mes agneaux ! Je suis revenue du ski !


(oui je sais, personne ne savait que j'étais partie, vous avez vu comme vous avez pas besoin de moi)


Donc c'est vrai, je ne suis pas touchée par la crise, puisque j'ai eu l'extrême privilège, cette année encore, de me geler toute la journée sur des sommets vertigineux envahis par le brouillard et la bise mordante, de m'asseoir le cul dans la flotte sur des sièges pleins de neige fondue, d'embrasser un sapin tous les cinq mètres, de me perdre dans un champ de bosses très loin de la piste que je sais toujours pas comment je suis arrivée sur ce versant de la montagne, et surtout, de me faire disséquer les pieds à petit feu dans mes chaussures de ski du diable :


- Ecoute, ta mère les a achetées il y a à peine vingt ans, tu vas pas faire ta gosse de riche non plus, hein.


Bon, soit. Les chaussures ont effectivement seulement vingt ans, et pour des chaussures qu'on utilise deux mois dans l'année, c'est vrai que c'est pas si vieux. C'est vrai aussi que j'ai pas grandi des pieds depuis la quatrième
(pourquoi je précise des pieds, vu que je n'ai pas pris un centimètre depuis mes quatorze ans ? Parce que j'ai tout de même vachement grandi, mais dans le sens de la largeur).

C'est vrai aussi que la technologie des chaussures de ski n'est pas vraiment la priorité des chercheurs du CNRS et que donc, depuis vingt ans, c'est plus ou moins la même chose : une chaussure qui te regarde dans les yeux des pieds en disant TU VAS SOUFFRIR.


Et elle a raison. Tu souffres.


Oh mon dieu mon dieu (crie au ciel la petite fille riche) n'est-ce déjà pas assez de devoir ressembler à une patate aux cheveux gras pendant cinq jours d'affilée grâce à mon anorak du collège que le vendeur a promis à maman que je grandirai dedans, eh ben devine quoi connard, y'a huit ans j'étais déjà à mon maximum ?


Dois-je encore subir la mordante blessure de chaque instant de ces montres de plastique dont les fixations se referment sur mes chevilles avec le claquement satisfaisant de la mâchoire du léopârd brisant le cou d'une gazelle ?


La réponse est oui, et va pisser pendant que je prends les forfaits parce que je t'attendrai plus au restaurant d'altitude toutes les heures.


Je le dis chaque année, et cet hiver n'échappera pas aux autres : voilà la saison où j'ai le plus envie d'être un garçon. Ah, la joie de pouvoir pisser contre un arbre par moins onze et d'écrire son prénom dans la neige, sans devoir endurer les soubresauts machiavéliques du télésiège "peut-être je tombe en panne mais peut-être pas, on va voir si ta vessie tient jusqu'au sommet".

Je dis pas, hein. Au printemps, par exemple, j'adore être une fille. On peut mettre des jolies vestes de printemps et des jolis hauts décolletés pour rappeler aux messieurs de la SNCF que c'est pas notre faute si le billet n'est pas composté, et en plus il fait encore trop froid pour mettre des jupes alors on a pas besoin de s'épiler les jambes.


Mais l'hiver, y'a pas moyen, mon royaume pour un pénis.

(Ouh ça fait bizarre dit comme ça)



(Non mais sinon, le ski, j'adore ça, hein. Mais vous le saviez déjà)




PS : Pas d'oeil au beurre noir cette année ! Yippee yeah !

PPS : Ma soeur c'est la plus géniale du monde, et aujourd'hui ça fait vingt-cinq ans qu'elle est géniale ! Bon anniversaire ma soeur !