mercredi 28 avril 2010


L'autre jour j'ai corrigé le rapport de stage de Professeur Flaxou.
Déjà qu'un rapport de stage, c'est de base pas le truc le plus excitant de l'année, alors je te raconte même pas quand c'est celui de quelqu'un d'autre. Surtout que ça me faisait mal de comprendre qu'un mot sur trois, alors que c'était du français ! (En même temps, des mots comme "parodontal", "cathepsine" ou "bacille gram-" je suis pas sûre qu'on ait le droit de le compter dans la langue française. On devrait mettre tout ce genre de trucs dans un truc qu'on appellerait "langue des gens en blouse".)

En tout cas c'était sacrément difficile pour moi de savoir s'il y avait un faute d'orthographe dans des phrases comme "Ces mêmes techniques pourraient également être réalisées in vivo sur des modèles murins développant de manière constitutionnelle l’athérosclérose (souris apo-E déficiente)." Alors déjà faudrait qu'on m'explique ce que c'est qu'un modèle murin. C'est un genre de poisson ? Et la souris, pourquoi elle est déficiente en E ? Est-ce qu'on parle de la vitamine E ou de la lettre E ? Genre il faut qu'elle mange de la soupe alphabet et tout ira mieux ?

Donc, au bout des 37 pages, j'en avais un peu marre de toutes ces choses intelligentes. Du coup, quand je suis arrivée à la dernière page qui disait "remerciements" et rien d'autre, j'ai écrit pour rigoler : "Je remercie ma super fiancée pour avoir corrigé ce tout long texte (et dieu sait que c'était pas gagné!)". 

Mais bon, comme je le connais un peu l'asticot, j'ai fait gaffe. J'ai pensé : attention Charlotte, Professeur Flaxou, la Lune c'est sa maison secondaire, il faut s'assurer qu'il n'envoie pas le rapport avec ça dessus. Du coup j'ai mis la phrase en rouge, en gras, et dans une super grande police. Et j'ai précisé en lui renvoyant la chose "lis-le bien jusqu'au bout hein, huhuhu". (Ce qui mettrait la puce à l'oreille d'une puce elle-même, avouons-le.)

Alors Professeur Flaxou a vu ma phrase et il a rigolé. Et puis il a fermé Word et il a envoyé le rapport à son chef. Comme ça.


Alors là, si Professeur Flaxou n'est pas élu Président de la Lune, c'est qu'il se sera fait griller par Amélie Poulain.

Après coup, il a appelé son chef et lui a expliqué l'histoire. Le chef, qui a le sens de l'humour, a bien ri, puis a ajouté : "Ah ouais mais moi je l'avais pas vu, j'ai même pas ouvert le document, je l'ai envoyé direct à mon directeur de thèse". 

(On pense que ça deviendrait lassant. Mais non !)

Professeur Flaxou, s'il existait pas, faudrait l'inventer.

mardi 20 avril 2010



L'autre jour, avec des gens, on parlait des supermarchés et des trucs qui nous énervaient, genre les petits vieux qui font leurs courses le samedi alors qu'ils sont retraités et qu'ils pourraient y aller tous les jours du bon dieu, mais à la place ils choisissent le samedi pour venir acheter trois kiwis et oublier de les peser. (Les ordures!)

Et y'avait quelqu'un qui a dit "Oh moi je déteste quand je vais faire les courses au Cora et que je dois me garer à perpète, en plus ils ont un million de places handicapés qui prennent tout le devant. J'veux dire, y'aura jamais trois cents handicapés qui viendront faire les courses en même temps, ils pourraient en prendre quelques-unes et faire des places normales."

Ça, ça m'a un peu énervée, je vous explique pourquoi.

Déjà, le nombre de places handicapés c'est toujours proportionnel au nombre de places totales. Le parking du Cora, j't'explique, il fait la superficie du Texas. Un samedi après-midi d'été, si tu veux atteindre le magasin, il faut partir avec des vivres et un sac de couchage. Les gens qui ont pas le sens de l'orientation, c'est de ça qu'ils cauchemardent la nuit. Tu les retrouves à la sortie, en train d'errer entre les allées, poussant leur caddie plein de choses fondues, à moitié aveugles à cause de la réverbérations du soleil sur les carrosseries, encerclés par les vautours tandis qu'ils marmonnent entre deux sanglots "mais elle était allée B, je suis sûr qu'elle était allée B".

Donc ouais, du coup, des places handicapées, y'en a tout plein, c'est statistique. Certainement que si tous les handicapés de Colmar décidaient de venir faire leurs courses au même moment, ils prendraient que la moitié des places.

Oui mais ça, c'est si y'avait pas des gros cons pour estimer qu'ils ont pas à bouger leur fion sur trois mètres cinquante.

Ça c'est mon argument numéro deux : si on gardait, disons, seulement la moitié des places handicapés dans ce parking (en se disant "elles sont toujours vides de toute manière"), est-ce que ça empêcherait des crétins congénitaux de venir se foutre sur les places restantes parce qu'ils ont pas envie de pousser leur caddie sur cinquante mètres de plus ? La réponse est non.

Pour illustrer mon argument, je vais vous conter une petite histoire.

Il était une fois ma maman en Floride. (On ne se refuse rien.)

Ma maman en Floride était en vacances chez une amie d'une amie. Laquelle décide un soir d'aller au restau avec son mec, ma maman, et un mec pour ma maman (les fameux "deubeul deïts" à l'américaine, top glamour). 

(Pour plus de clarification et comme j'ai oublié les noms des gens, on appellera l'amie Kimberley et son mec Brandon. L'autre mec il est pas important, et ma maman elle reste Maman.)

Donc ils se mettent en route dans la joie et la bonne humeur, et c'est Brandon qui conduit. Ils arrivent devant le restau, et là, Brandon manœuvre et se gare juste devant le restaurant, sur une place handicapés. Maman, abasourdie, cherche désespérément dans la voiture une béquille ou une prothèse de jambe avant de se risquer à faire remarquer à Brandon, pleine du subit espoir qu'il soit très myope : "Heu...c'est une place handicapés."

Là Brandon se retourne et lui dit "Ouais. Et alors?". Là Maman reste la bouche ouverte, et pendant qu'elle cherche ses mots, Brandon fouille dans la boîte à gants et en sort un macaron "handicapé". Là, Maman ouvre la bouche encore plus grand, essaye avec l'énergie du désespoir de matérialiser un fauteuil roulant dans le coffre, quand Brandon annonce fièrement : 

- C'est un pote à moi qui est médecin, il me l'a filé. Comme ça, pas de soucis.

Maman sort de la voiture, morte de honte sous les regards foudroyants des passants, et s'apprête à passer le plus long dîner de sa vie. 

Aparté : Brandon sait mettre l'ambiance : il a complété son tableau de connard (qui pourtant n'avait pas besoin d'une nouvelle couche) ce même soir en écrasant sa canette de bière vide dans sa main (quel homme), en commandant des fruits de mer mais en refusant un doggy-bag parce que "mon frigo ne peut recevoir que de la bouffe casher" (par contre au restau c'est pas les mêmes règles apparemment) et enfin en insultant un couple mixte qui lui avait rien fait du tout. (Ben oui, attends, c'est impur quand même, il vaut mieux avoir le même patrimoine génétique, comme ça au moins on sait d'où ça vient si ça fait des trisomiques.)

Donc je me dis : si le monde arrive à produire des trous du cul comme Brandon (et son pote médecin), c'est que malheureusement il peut les supporter en plus d'un exemplaire.

Et c'est triste que ce soyons nous, gens valides avec une once d'éthique, qui devions prendre pour eux et nous garer à perpète-les-oies alors qu'on a des talons hauts, des courbatures de la gym, un caddie avec une roue qui dit "j't'emmerde", ou trois mômes sous chaque bras. Mais tant qu'à accuser quelqu'un, ne nous trompons pas de cible. 

Je propose une opération "tous à vous clefs", basée sur la vengeance de Maman en Floride : en faisant semblant d'aller aux toilettes ce soir-là, elle est sortie dans la rue et a rayé toute la carrosserie du beau 4X4 neuf de Brandon (oui, et en plus il roulait en 4X4, ça ne s'invente pas).

(Et ça vaut aussi pour les connards qui se garent à cheval entre deux places. Va t'acheter une vision périphérique, ducon.)

samedi 17 avril 2010

Charlotte aime les culottes (et les carottes, et les marmottes, et les compotes)



Je me suis dit que c'était bien pour mes statistiques de mettre "culotte" souvent dans mon blog. Comme ça n'importe quel pervers du net, hop il arrive chez moi. Le raisonnement génial : tout le monde sait que les pervers du net adorent les blogs à teneur autobiographique d'un humour incisif et cinglant (je me jette des fleurs au passage sinon personne d'autre va le faire).

Mais bon, si je veux attirer un maximum de gens du côté clair de la force (c'est celui qui semble le plus enclin à accepter les gens de petite stature) il va falloir que je mette le paquet. D'où cet article traitant uniquement de sous-vêtements féminins (merci Sarah pour l'idée, t'es un génie).

Alors d'abord je vais partager ma vie privée d'une manière totalement arbitraire avec des inconnus (eh on est sur un blog quand même) et je vais vous dire comme ça, à froid : j'ai jamais mis de string de ma vie.

(Révélation Paris-Match, la foule est en délire.)

Tu me diras, ça aurait pu être pire, j'aurais pu partager des informations dans le même style que certains de mes amis Facebook : c'est-à-dire j'écris TOUT ce qui m'arrive. "Charlotte a un nouveau grain de beauté sur le bras droit." "Charlotte va voir le dermatologue aujourd'hui : aïe aïe aïe ! Lol." "Charlotte a un cancer de la peau. Qui veut m'accompagner en chimio? XD". Vous voyez le genre.

(Mes préférés c'est ceux qui veulent régler leur compte mais qui ont peur de s'en manger plein la gueule, alors ils écrivent "certaines personnes" tout en parlant d'une situation tellement précise que c'est impossible de ne pas voir de qui ça parle. Exemple : "Certaines personnes feraient mieux de se regarder dans un miroir avant de me dire que j'ai un gros cul, hier après-midi à 14h35 au Super U route de Rouffach rayon charcuterie!". Nan mais vas-y tu peux écrire que c'est Germaine Pichon ou Ginette de Volgelsheim, on a tous compris. Couille molle.)

Bon, assez de digressions, revenons aux strings, c'est pas de disserter sur Facebook qui va optimiser mes recherches Google.

Donc oui, j'ai jamais mis de string. Alors que j'ai 21 ans. Tu rends compte ? J'ai déjà dix ans de retard !

Mais j'y peux rien, ça m'a jamais attiré. Déjà parce que, personnellement, mes fesses ne sont pas ma partie préférée de mon anatomie. Ma partie préférée c'est mes dents, elles sont trop magnifiques, je pourrais faire des affiches comme chez le dentiste avec les produits qui te blanchissent la denture (mais la partie "après", hein. Je me demande où ils pêchent les modèles pour faire la partie "avant". Pouah.)

Je digresse encore. Concentre-toi, bordel, pense aux statistiques !

Donc oui, parlons de mes fesses (là je me sens vraiment blogueuse hardcore).

Je les trouve déjà pas super sexy de base, alors si en plus je dois les balader à l'air libre toute la journée, merci bien. En plus il paraît que c'est sexy.  

Non mais mange-toi une ficelle dans le trou de balle toute la journée, on va voir si tu te sens sexy. Le string, encore une victime de fantasmes purement masculins (une manière de voir des fesses à l'air sans même déshabiller la madame).

Je les ferais bien de goûter à leur propre médecine : viens, épile-toi les jambes, connard, tu vas voir si c'est glamour quand tu passeras autour des chevilles et que tu pleureras ta mère. Va presser tes poils qui poussent sous la peau, c'est sexy hein ?  Comment ? Ça fait mal de t'arracher les sourcils ? Tu as des boutons après ton épilation du maillot ? Tes cheveux viennent se coller dans ton gloss ? Ah mais faut souffrir pour être belle, ma grande. (Et vlan. Fédération du poil libre. Je vais rejoindre les Chiennes de Garde.)

Et hop, on finit par une révélation pour bien accrocher les nouveaux lecteurs. (Vous allez craquer vos slips tellement fort que je vous conseille de les pré-déchirer à l'avance.)
J'ai donc dans mon tiroir à sous-vêtements des shortys, des culottes, des boxers Pirates des Caraïbes, des sloups piratés à Professeur Flaxou, mais zéro strings.

Professeur Flaxou, par contre, il en a un. (Son frère a des super idées cadeaux.) Voilà. Mon mec a plus de strings que moi.

(Vous pouvez à présent craquer vos slips et vous imaginer Professeur Flaxou en string. Quand à moi, dieu sait que j'essaye d'oublier cette vision. "Once you've seen it, you can't un-see it.")

mercredi 7 avril 2010

J'ai pas d'idée d'article parce que je suis en France et que j'ai pas que ça à faire (mon passeport ne va pas se renouveler tout seul, hein. Déjà que je me suis faite rejeter pour cause de photos imparfaites : j'avais la bouche entrouverte d'un millimètre et MON DIEU ON VOYAIT UNE DENT. On sait pas trop, peut-être que les contrôleurs de passeport ils sont dentophobes, ils en avaient marre d'envoyer des gens en retraite prématurée pour cause de dépression nerveuse "ah non pas encore un sourire photogénique, je me flétris d'angoisse" du coup maintenant il faut qu'on ait tous des têtes de Mormons, sympa.)

Et puis aussi Professeur Flaxou a acheté une Wii. 

(C'est quand je vois que les lapins crétins me donnent des courbatures que je me dis qu'il faudrait quand même que je me remette au sport un jour.)

Du coup j'ai plein de boulot : je dois faire du russe, prévoir mes prochains week-ends, prendre le train malgré la grève, profiter du soleil, manger du pain (ça fait trop du bien d'avoir du pain avec une croûte) et en plus faut que j'aille faire des photos en fermant la bouche. (T'imagines Kristen Stewart comment elle doit galérer.)

Du coup ça vous laisse du temps pour me donner des suggestions d'articles, ou me poser des questions indiscrètes sur mes sous-vêtements. (Oui, je pars du principe que vous êtes tous fétichistes. Et puis aussi, si j'écris "culotte" sur mon blog ça va booster mes statistiques.)

Lâchez-vous.