dimanche 31 octobre 2010

Un article couleur de pain d'épice!


 Ça fait longtemps que j'ai pas parlé de contes et légendes par ici. Et comme les frimas de l'hiver naissant (paye ton climat semi-continental) me rend nostalgique des histoires au coin du feu (paye ton chauffage au bois dans la forêt), eh ben je vais vous raconter une histoire de chez moi.

(J'ai trop halluciné mais il paraît que des gens ne la connaissent pas!)

C'est l'histoire d'un garçon qui s'appelait Hansel, et de sa sœur qui s'appelait Gretel. (En fait c'est Hans et Gretchen, mais c'est les diminutifs allemands.) Mais comme j'avais dit que je vous raconterai une histoire de chez moi, je vais vous raconter l'histoire d'un garçon qui s'appelait Seppala et de sa soeur qui s'appelait Jeannala. (Joseph et Jeanne, mais avec des diminutifs cette fois-ci alsaciens.)

L'histoire de Jeannala et Seppala, c'est exactement la même que celle de Hansel et Gretel, sauf que Jeannala et Seppala habitent du bon côté du Rhin. (ha! ha!)

Donc Jeannala et Seppala habitent dans une cabane, dans les bois, on va dire vers Kaysersberg (comme ça tu t'attaches plus à l'histoire) et leurs parents sont pauvres alors ils leur donnent pas à manger. Mais comme ils sont pas aussi ingrats que les parents du Petit Poucet, ils les abandonnent pas dans la forêt, ils leur font juste manger des cailloux.

Un jour que Jeannala et Seppala sont allés dans la forêt relever leurs pièges à sanglier (c'est comme des pièges à écureuils, mais en plus gros), ils s'enfoncent dans les bois et ils se perdent.

Soit dit en passant, faut vraiment le faire exprès pour se perdre dans les bois à Kaysersberg, parce que d'un côté tu tombes sur la cartonnerie, et de l'autre côté tu tombes sur Ammerschwihr. Il faudrait monter tout droit pendant deux heures et passer sur l'autre versant, mais bon comme c'est des pentes à 50 degrés, tu te rends un peu compte que t'es du mauvais côté de la montagne. (Et puis de toute façon, si tu marches pendant dix ou douze heures, t'arrives à Munster et là c'est la civilisation à son sommet, rends-toi compte, ILS ONT UN SALON DE COIFFURE!)

(Il y a une autre version avec les parents qui les abandonnent, des cailloux blancs et des miettes de pain, mais moi on me racontait qu'ils se perdaient. Et puis de toute façon, les cailloux blancs, je pense qu'on en a déjà fait le tour.)

Et pendant que Jeannala et Seppala sont perdus pour toujours sur au moins quatorze kilomètres de forêt inhospitalière, voilà qu'ils tombent sur une maisonnette nichée au milieu d'une clairière. Cette maisonnette a la particularité d'être construite entièrement en pain d'épice.

Alors là on rigole bien, parce que les frères Grimm ils ont de l'imagination à revendre, mais pas tellement d'esprit pratique. Je sais pas toi, mais moi je m'imagine vivre dans une maison en pain d'épice, et franchement bonjour la galère : déjà vas-y comment ton régime il en prend un coup, au bout de deux jours t'as plus de maison et tu te pèles le cul dans les bois, mais par contre t'as trente kilos en plus. Et puis en admettant que tu résistes à la tentation, il n'en reste pas moins vrai que 1) vas-y pour nettoyer 2) je doute que ce soit très isolant l'hiver et 3) l'été, non mais t'imagines le nombre d'insectes au centimètre carré?

Bref, dans la maison de pain d'épice vit une vieille sorcière. De toute façon, le fond des bois, on l'a compris, est l'endroit le plus mal famé de la galaxie, pire que downtown Los Angeles, pire que le Neuhof, pire que (tam taaam) CORBY elle-même. Quand tu te perds dans le fond des bois, t'as une chance sur deux de tomber sur un ogre ou une sorcière qui va essayer de te boulotter à l'apéro, c'est statistique.

Il se trouve que cette sorcière mange les enfants (sans blaaague) et que la maison en pain d'épice est un habile stratagème pour attirer les petits enfants dont elle est friande (et j'espère pour elle qu'elle est aussi friande de mouches).

Jeannala et Seppala, ils sont pas trop au courant ou alors ils sont un peu cons (en même temps, la montagne alsacienne au Moyen Age, v'la le taux de consanguinité) et puis aussi, la rando, ça creuse, donc ils se mettent à mâchouiller la maison. Là encore, les frères Grimm ne sont pas avides de commentaires quant à la manière dont ils s'y prennent. Mais personnellement, je pense qu'ils commencent par les coins, parce que c'est plus facile à mordre. (On voit que j'ai eu le temps de réfléchir à ce genre de choses pendant mes cours d'allemand du lycée.)

Sur ces entrefaites, la sorcière surgit de sa maison et leur dit :

- Non mais ça va pas bien de bouffer ma maison??!

(Sur ce coup-là je suis un peu d'accord avec la sorcière, c'est pas des manières. On est pas en Lorraine ici, ho.)

Elle attrape Seppala et le met dans une cage, et elle force Jeannala à devenir sa servante, en la menaçant de tuer son frère si elle essaye de s'échapper. (Vous avez remarqué? C'est la fille qui se retrouve à faire la boniche et c'est le garçon qui se la coule douce en cage, ah bravo la perpétuation des clichés.) Ensuite Jeannala doit faire la cuisine pour engraisser son frère, comme ça la sorcière peut le manger (vas-y le taux de cholestérol qu'elle doit avoir). Et tous les matins, elle vient vérifier si Seppala devient bien gras.

Seulement la sorcière est presque aveugle, du coup elle le fait tendre son bras à travers les barreaux et elle le tâte. Et pour la duper, Seppala lui tend tous les matins un os de poulet, comme ça, elle a l'impression qu'il ne grossit pas. (Dis donc, sacrée moche vue quand tu ne sais pas faire la différence entre un bras humain et un os de poulet. Ça ne m'aide pas à expliquer comment, au début de l'histoire, elle a réussi à choper Seppala et à le mettre dans une cage. Je penche pour l'option "Dexter", c'est-à-dire qu'elle l'a piqué avec une seringue de tranquillisants d'abord.)

Donc la sorcière n'est pas trop contente, et on la comprend ! Elle doit voir passer trois gosses par an dans son trou paumé. (J'espère qu'elle mange des blaireaux, ou quelque chose, à côté.) Alors elle perd patience et elle décide de manger Seppala. Elle dit à Jeannala "Allume le four, je vais bouffer ton frère, tiens-moi au courant quand le four est bien chaud et pas d'entourloupes" (elle doute de rien, la moche).

Jeannala attend que le four devienne bien chaud, et puis elle dit :

- Oh là là dame sorcière, j'étions trop petite, je ne saurions vérifier si l'poêle étaisse ben chaud.

(Quoi? C'est pas comme ça qu'ils parlaient dans les temps anciens?)

Du coup la sorcière tombe en plein dans le piège qu'on a vu venir gros comme une maison (de pain d'épice, ha ha!) et elle dit à Jeannala :

- Poussez-t'y, la vilaine, j'allois y vérifier par moi-même la chaudure de cey feu.

(J'adore parler comme ça.)

La sorcière se penche vers le poêle, et là Jeannala la pousse un bon coup et l'immole dans le four sus-nommé. (Fallait y penser.)
Tout heureuse, elle court délivrer son frère, et ils repartent de chez la sorcière avec son trésor (mais d'où sort-il celui-là?). Encore une fois comme dans tous les contes de fées, on ne sait pas trop comment ils rentrent chez eux, vu qu'à la base ils étaient perdus et que c'est pas en restant trois semaines dans une cabane de pain d'épice que tu acquiers magiquement un sens de l'orientation (quoique...il faudrait faire le test pour le prouver). Quoi qu'il en soit, ils rentrent chez eux (Seppala sans doute un peu essoufflé) et ils sont accueillis par leurs parents avec des larmes et des cris de joie. 

Ce qui rend ma version de l'histoire beaucoup plus crédible; laissez-moi vous rappeler que dans l'autre version, ils essayent de les perdre DEUX FOIS, alors pourquoi être heureux quand les enfants reviennent?

(Je penche pour la solution évidente : 1) ils sont heureux à la vue du fric, pas des enfants 2) maintenant que Seppala est gros, ils peuvent le manger.)

Voilà, c'est la fin de l'histoire de Jeannala et Seppala. J'espère qu'elle vous aura donné envie de manger du pain d'épice et des mandarines (pour ma part, j'en suis à ma deuxième boîte de Schoko-Lebkuchen).


PS : Si vous êtes sages, un jour, je vous raconterai l'histoire horrible de Saint Nicolas qu'on nous a raconté à la MATERNELLE (Avec les enfants coupés en morceaux et tout! Et après on s'étonne que j'aie peur des zombies.)

vendredi 29 octobre 2010


 Je me suis inscrite en auto-entrepreneur (j'ai un numéro SIRET et tout, je me sens super adulte) parce que j'aimerais bien gagner un peu d'argent, histoire de pas demander la charité à mes parents quand j'ai envie de m'acheter des gâteaux ou des pantalons. Du coup je fais des demandes à droite à gauche pour trouver des cours d'anglais à donner, ou des traductions.

Et ma mère m'a donné l'adresse d'une dame qui voudrait que je traduise son site internet en anglais.

La meuf, j'adore : elle m'écrit "Si vous avez le temps, pouvez-vous me traduire ou m'aider à traduire l'intégralité de mon site de 1850 mots, même contre rémunération."

MÊME contre rémunération? Tu crois que je m'ennuie tant que ça en Master que j'ai rien de mieux à faire de mes week-ends que de faire du bénévolat pour des gens que je connais pas? (Je suis déjà au WWF pour protéger les pandas, ça suffit.)

Et elle poursuit en me disant "Est-ce que vous pourriez relire ce que j'ai traduit jusqu'ici?".

Là je dois dire tout de suite que j'étais sceptique. Je me retrouve souvent à faire des traductions pour des potes qui veulent mettre leur CV en anglais, ou pour Professeur Flaxou qui doit faire des présentations en anglais. Le problème est que souvent, on me dit ça :

- J'ai fait ma lettre de motivation en français mais il me la faut en anglais, tu peux me traduire ça vite fait, je dois envoyer ma candidature dans dix minutes.

(Sachant que le terme "vite fait" n'existe pas en traduction. C'est pour ça que j'aime pas en faire, c'est impossible à bâcler.)

Le pire, c'est quand les gens croient bien faire en disant "J'ai déjà tout traduit, tu dois juste relire", mais la plupart du temps, ça me prend plus de temps que si je m'occupais de la traduction toute seule. Notamment parce qu'il faut décrypter ce que les gens ont tenté de dire à la base. (Oui Flaxou, c'est de toi que je parle. Apprends à placer tes virgules.)

Je vous donne en exemple de traduction maison un extrait du magnifique texte que m'a fait suivre la dame :

"Will be us your councillors for the walks of neighborhood, the GR5 pass near, circuit of VTT, or quads to discover our region other wise."

J'hésite encore pour le sens original de la phrase : est-il question de marches entre voisins? de négociateurs de prises d'otages? d'acronymes étranges? les circuits de VTT se trouvent-ils au même emplacement que ceux de quad? (si oui, ça doit faire un peu mal.)
J'ai aussi du mal à déduire où elle a pêché une traduction pareille : Google? Reverso? Chez une blogueuse mode?

(Comme l'avait fait remarquer très justement Virgoblog, les traductions des blogueuses mode, bien qu'hilarantes, sont une des nombreuses raisons pour lesquelles je ne lis pas les blogueuses mode.) 
(Autre que ça m'intéresse pas, et aussi que ça m'énerve de les voir étaler leur argent avec des commentaires du style "Pour notre week-end shopping à New York, nous avons posé nos valises au Plaza, parce qu'un séjour à NY (ça veut dire New York pour les gens branchés) sans aller au Plaza, c'est in-con-çe-vable, hahaha!" C'est ça, allez, va voir si tu trouves un cerveau plaqué or pour aller avec tes ballerines.)

Du coup, j'ai accepté la traduction, mais j'ai fortement sous-entendu "par pitié laissez-moi tout recommencer du début ou je vais devenir folle en lisant ce texte, digne héritier des paroles de K-Maro".

Mais je pense pas qu'elle va accepter, parce qu'à la réflexion, ma réponse (qui sous-entendait que c'était pas la peine d'utiliser Google transaltion, que ça marchait pas) l'a un peu vexé. Apparemment c'était pas une traduction Google, la dame aimant se vanter à la ronde de sa maîtrise de l'anglais (mais oui, maîtrise, ne soyons pas modestes, ce n'est pas à la portée de tout le monde de traduire "circuit de VTT").

Du coup c'est un peu dommage, car j'eusse aimé m'acheter des vêtements pour me protéger du froid mordant de l'hiver (et du froid mordant du démodage, aussi, un peu).

Mais d'un autre côté c'est pas tellement grave parce que j'ai encore assez d'argent pour manger de la viande trois fois par semaine et payer ma connexion Internet, et c'est triste à dire mais il n'en faut pas beaucoup plus pour me rendre heureuse.

D'ailleurs j'ai tellement d'argent que j'ai décidé d'en donner à Action contre la faim, mais c'est surtout parce que j'ai vu que si on leur donnait des sous tous les mois par prélèvement direct, ils arrêtaient de t'envoyer des photos de petits africains qui meurent de faim. Et moi j'aime pas spécialement pleurer toutes les larmes de mon corps quand j'ouvre mon courrier. (Je préfère recevoir des Schoko-bons.)

Alors oui, peut-être que je vais arrêter d'envoyer des e-mails sardoniques à mes employeurs potentiels. Parce que maintenant je dois nourrir les petits africains, en plus de ma personne et celle de Professeur Flaxou (qui compte au moins comme cent trente petits africains, vu ce qu'il absorbe en patates).

Si vous voulez me donner un coup de main, vous pouvez chercher autour de vous s'il y a des gens qui voudraient prendre des cours d'anglais avec moi, mais je précise que c'est une requête plutôt d'ordre régional. (Les Bretons, je sais que vous êtes nombreux ici (je sais pas trop pourquoi mais c'est gentil), donc c'est pas la peine de chercher par chez vous, sous les falaises, par-delà le phare, ou le far, ou je ne sais quoi. Je vous autorise à rester à la maison (car en plus il pleut sûrement dehors et c'est nullement agréable).)

Ou sinon, vous pouvez m'aider en me donnant des choses à traduire (même contre rémunération!) ou bien vous pouvez aussi donner de l'argent à Action contre la faim, et comme ça peut-être que j'aurai moins de petits africains sur les bras. 

(Voilà qui ne plairait pas à la méchante économiste dans mon livre d'économie. Elle dit que si les pays pauvres sont pauvres, c'est parce qu'ils ne font pas assez d'efforts pour être compétitifs sur la scène internationale. T'as raison Gertrude, la concurrence du marché-monde ça devrait être ton impératif dans la vie, même quand tu manges de la boue.  Ils devraient peut-être manger leurs enfants, ça leur remplirait l'estomac sans même devoir dépendre des pays riches, et ensuite ils pourraient réfléchir tranquillement au capital. C'est simple comme bonjour, mon petit.)

samedi 23 octobre 2010


 Mes lecteurs sont les gens les plus formidables du monde.

(Enfin, surtout Chouvelle est la gens la plus formidable du monde. Mais t'inquiète, je t'aime bien quand même.)

L'autre soir, je rentrais de mon cours de cardio-boxing. Je pensais que c'était une sorte de boxe, en fait c'est juste les mouvements de boxe enchaînés très rapidement sur de la musique techno sous les encouragements d'une nana à casque avec micro intégré, qui nous hurlait dans les hauts-parleurs :

- Crochet gauche, uppercut droit! On y croit! Allez plus vite! Lateral kick gauche! Direct droit! On lève les genoux! Position du tigre!

On aurait un peu dit qu'elle nous enseignait le kama sutra, mais sinon pas de problème. A part que j'ai débarqué après un mois de cours et que, quand la nana disait "double round kick", il y avait 80 filles qui exécutaient un mouvement parfait, et au milieu il y avait moi. Et qu'aussi comme je confonds la gauche et la droite, une fois sur deux je cognais la fille à côté de moi. Mais en même temps c'est la boxe ou c'est pas la boxe?

En fait non, c'est pas la boxe du tout, on fait que taper dans le vide. Mais tous les cours de vraie boxe sont complets. (Et au moins je peux garder la face avec le nom "cardio-boxing" au lieu d'affronter en face la terrible réalité que oui, je fais de l'aérobic.)

Donc je rentrais de mon cours et d'une soirée pizza chez Chloé, tout mon corps était courbaturé (du cardio-boxing, hein, va pas t'imaginer des choses) et comme ça, je décide de vérifier ma boîte aux lettres, des fois que j'aie des bons de réduction pour commander du chinois. (5 euros le menu, livraison comprise, franchement, je flaire la viande de chien. Mais c'est pas ça qui va m'arrêter.)

Et là, dans ma boîte aux lettres, il y avait un joli petit colis. Au début j'ai pensé que c'étaient les fringues que j'avais commandées sur Internet (ça c'est Sarah et ses influences diaboliques), jusqu'à ce que je me rappelle que mon facteur me déteste et qu'il a décidé que j'aurais jamais mon courrier.

- Oui, bonjour, j'ai eu cet avis dans ma boîte aux lettres qui me dit que je n'étais pas là pour réceptionner mon colis. Sauf que si, j'étais chez moi toute la journée, j'ai pas quitté la maison.
- Peut-être que vous n'avez pas entendu la sonnette.

Écoute Gilbert, je sais pas si tu vis dans un penthouse ou quoi, mais crois-moi que chez moi, je peux être à n'importe quel endroit, je peux être sous ma douche, je peux avoir la musique à fond, je peux avoir des bouchons dans les oreilles ou la tête dans le micro-ondes, j'entends toujours ma sonnette.

- Bref. Mon facteur a la phobie des sonnettes, en tout cas je suis là pour récupérer mon colis.
- Vous avez reçu l'avis quand?
- Ce matin.
- Oulàh mais c'est trop tôt! On ne nous l'expédiera pas avant demain soir!
- Donc ça va vous prendre une journée entière pour recevoir un colis dont l'adresse originale était à dix mètres de votre bureau de poste?
- Ben oui, tout est centralisé, vous comprenez.

Des fois j'ai du mal, mais c'est quand même pas de ta faute, Marcel.

- Bon, ben à demain.
- Ah non, pas demain!
- Mais vous avez dit...
- Oui, mais on reçoit les colis à 17h. Et comme on ferme à 17h30, on a pas le temps de les trier avant le lendemain midi. Au mieux.

J'espère de tout cœur qu'on ne réformera pas les retraites. Parce que si Raymond est déjà autant au taquet à 55 ans, vous imaginez à 67?

- Un colis? Oui, je vais vous le chercher à l'arrière. Repassez dans deux ou trois heures.

Toujours est-il que ce colis mystérieux ne contenait pas de tunique à fleurs ou de jupe hippie. A la place, il y avait un paquet de Schoko-Bons et un petit mot : "Avoue, tu pensais pas que je serais cap?"

Pour comprendre ça, il faut savoir que Chouvelle m'avait demandé dans les commentaires près de quel lycée j'habitais, je lui avais répondu en disant "mais je ne donne pas mon adresse parce que j'ai peur de recevoir une bombe dans ma boîte aux lettres" (Si! c'est possible!) et elle a répliqué : "De toute façon moi je t'aurais envoyé des fleurs et des schokobons ^^". Du coup après je lui ai donné mon adresse sur Facebook et je l'ai mise au défi, mais pour rigoler, en fait. Et puis en fait non, elle m'a vraiment envoyé des Schoko-Bons et des fleurs (elle les a dessinées sur le papier).
Donc voilà, Chouvelle est la lectrice la plus cool du monde entier, et je me sens au sommet de la gloire maintenant que j'ai reçu un "fan mail". 

Ça me conforte aussi dans l'idée que mes lecteurs sont des gentils. (Oui, je sais, ça fait genre 5 ans que je suis plus blogstar. Mais l'image des gens qui veulent m'arracher les bras est dure à effacer.) Du coup je songe à mettre en place une boîte postale (pas pour des raisons de menaces de mort, juste parce que j'aime pas l'idée de mettre mon adresse perso sur Internet) comme ça on pourra s'envoyer du courrier du cœur avec des feutres de toutes les couleurs et ce sera comme si tous les geeks du monde se donnaient la main et faisaient une ronde tout autour de la terre.

Enfin, je vous en reparlerai quand j'aurai fini mon paquet de Schoko-Bons.


PS : Merci encore, Chouvelle!

mercredi 20 octobre 2010

brève

L'autre jour j'ai dit à ma mère que j'en avais marre de faire mes opérations de cours sur la microscopique calculatrice intégrée à mon téléphone portable. (Tu sais, vu que j'ai pas possédé de calculatrice depuis la troisième.) Alors elle m'a dit:

- T'en fais pas, ils en ont en promo chez Aldi, je t'en achète une la prochaine fois que je vais faire les courses.

Et puis, hier, elle m'a ramené ça:

J'ai mis ma main à côté, ça te donne l'échelle du monstre.

 (Je vais avoir la méga classe au prochain cours de gestion, moi.)

Après elle comprenait pas pourquoi je rigolais:

- Mais enfin! Tu m'as dit que la tienne était trop petite! Au moins comme ça tu vois bien les touches.
- Ah oui, c'est sûr. Ce sera juste un peu prenant de passer dix minutes à la ligoter sur mon vélo chaque fois que je vais vouloir l'emmener avec moi en cours.
- Oh tu sais pas ce que tu veux!

Mais après tout, une calculatrice est une calculatrice. Certaines sont des Texas Instruments, certaines autres font la taille du Texas lui-même, c'est un peu kif-kif.

(Ma maman c'est quand même la meilleure maman du monde.)

dimanche 17 octobre 2010

J'ai des grands projets dans la vie.


Par exemple, finir de lire mon livre d'économie chiant. Et sans devenir folle. 

- Bonjour, dans ce livre je vous expliquerai que la mondialisation c'est super bien. Mais si, ça donne du travail aux petits chinois! Sans ça ils seraient encore à patauger dans leurs rizières à manger des racines, alors croyez-moi bien qu'ils nous disent merci maintenant que leur pays a une croissance de 12% par an! Bon, d'accord, ils sont coincés dans des sous-sols à fabriquer des Nike pour trois dollars la journée. Mais 12% quoi merde, ça vaut bien des sacrifices! 

(Les économistes ont un cœur de pierre.)

Pour l'instant je gère.
- Regardez Samsung, ils font n'importe quoi! Dell sous-traite toute la production, et eux, comme des débiles, ils fabriquent encore tout dans leur pays! Et ils payent leurs ouvriers des salaires normaux! Et ils leur donnent des couvertures médicales et je sais pas quelle autre connerie encore! Ah ça va vachement les aider dans la compétition internationale, dis donc. Et ils sont là "gna gna gna on fait autant de bénéfices que les autres", viens en parler dans cinq ans quand on sort de la crise!

Mais ce fut difficile de passer la page soixante-cinq. (Plus que trois cent, je vais m'éclater.)

Comme autre projets, j'ai aussi finir mon livre "la morale dans les relations internationales" (je sais pas pourquoi, mais je vois venir la conclusion) et aussi finir mon livre sur les politiques linguistiques, et aussi faire huit millions de fiches de lecture.

C'est pas mes projets perso, ça (je précise parce qu'il y a des gens dont la vie est fade et triste).

Non, mon plus grand projet perso du moment, c'est finir de lire "L'Archipel du Goulag". (Mais non, c'est pas fade et triste, ça! J'en suis à la fin du premier tome et il est toujours pas arrivé au goulag! Il s'est juste fait tabasser environ cinq mille fois, on lui a volé toutes ses affaires, un de ses compagnons de cellule est mort mangé par les punaises, et il a attrapé le scorbut. Ça s'annonce super bien!)

Sinon mes projets, c'est aussi : me faire couper les cheveux. Manger des pâtes pendant trois semaines pour pouvoir acheter le manteau d'hiver que j'ai vu sur un site internet. (C'est parce qu'ici en Alsace, l'hiver dure d'octobre à mai, alors on fait le plein.) 

Je me suis dit aussi que j'irais acheter un bidon d'essence maintenant, et comme ça, quand ce sera la pénurie dans deux semaines, je pourrai le vendre hyper cher aux gamins du lycée d'à côté de chez moi. (Je pense qu'ils sont prêts à tout pour continuer à venir à l'école en mobylette, parce que de toute évidence c'est un signe de grande virilité. C'est Jennifer/Solenn/Kenza qui m'a renseigné l'autre jour en passant sous ma fenêtre: T'AS VU QUOI TROP CLASSE KEVIN AVEC SON SCOOTER DÉBRIDÉ.)

Sinon je dois aussi finir de monter ma nouvelle bibliothèque, et puis aller acheter des livres à mettre dedans. Sinon ça va faire un peu naze d'avoir juste Soljenitsyne qui se tourne les pouces à côté de mon dictionnaire franco-allemand. Je peux même pas mettre mon bouquin d'économie chiant, il est à la bibliothèque. Et puis de toute façon il finirait par s'engueuler avec les autres:

- Ah c'est sûr que ça m'a fait beaucoup de bien de passer onze ans à creuser des canaux en plein milieu de la Sibérie!
- Oh mais faut arrêter d'être égoïste comme ça mon petit monsieur! Tu sais à combien de pourcentage de croissance il tournait, à l'époque, ton pays de ploucs?

J'ai aussi comme projets d'aller au ciné au moins une fois par semaine, et d'aller faire un tour au sport parce que j'ai payé 15 euros et que ça vaudra pas le coup si je me fais pas au moins une crampe du mollet. (J'ai repris la boxe parce que c'était fun, et j'ai aussi pris aïkido juste pour la frime, mais comme j'arrive déjà pas à lever ma jambe par-dessus ma table basse, je suis à peu près certaine que j'y mettrai jamais les pieds.)

J'ai aussi comme projet de réduire les séries (c'est fait) et de tenir le reste de la saison (ça, ce sera plus difficile). Je suis assez confiante pour Docteur House (mais est-ce qu'il vont revenir un jour dans l'hôpital, vos patients?), par contre ce sera plus difficile pour Desperate Housewives (parce que j'ai des sentiments mitigés : d'un côté, avouons-le, j'en ai trop rien à foutre que Juanita ne soit pas la fille biologique de Gaby, mais d'un autre côté je voudrais bien voir ce qu'il va se passer avec Paul qui est sorti de prison.) Et sinon j'ai essayé d'arrêter Dexter mais c'était plus fort que moi, je pensais tenir How I met your mother mais c'est redevenu drôle (les salauds!), et puis bon Big Bang Theory, faut pas déconner non plus hein.

(En plus de ça je suis tombée dans un piège traître, j'ai téléchargé l'intégrale de Spin City et je suis retombée amoureuse de Michael J. Fox.)

J'avais aussi comme projet d'arrêter le blog et de me concentrer sur mes études vache de difficiles au lieu d'actualiser ma page de commentaires toutes les cinq minutes.

Mais je sais pas trop si ça va marcher.



- Viens me lire, ça te fera une bonne note! Je te jure, la mondialisation c'est super chouette. Faut pas croire ce qu'ils racontent les autres hippies. Ils mangent trop de céleri, ça leur donne des hallucinations.

lundi 11 octobre 2010



J'adore mon nouvel appart.

Ça veut pas forcément dire grand-chose, parce qu'après un an à Kettering, ville qui ne possédait que trois bonnes choses - ma coloc, Sainsbury's, et la bouffe indienne livrée sur place - et on conviendra que c'est peu de chose pour une ville entière - je suis tellement heureuse d'être de retour à Strasbourg que j'aimerais n'importe quel trou à rats.

Ce qui d'ailleurs, soit dit en passant, a failli correspondre à la définition de ma villégiature. Parce qu'avant de trouver mon charmant studio, j'ai passé trois semaines à visiter des endroits plus cool les uns que les autres:

- Bon c'est par ici. Attention, pas trébucher sur le clochard. Vous inquiétez pas, il est là tout le temps, mais il fait pas trop de bruit. Sauf quand il est bourré, là il crie un peu sur les putes qui sont juste là, dehors. Seulement il a la vue qui baisse, alors des fois il se trompe et c'est pas des putes. Mais si vous mettez pas souvent de jupe, ça devrait aller.

Mais dis donc Michel, tu vends du rêve, dis-moi.

- Alors là, vous avez la porte. Je vous ferais bien entrer, mais tout à l'heure j'ai cassé la clef dans la serrure. Mais dedans c'est bien hein!

Mais je te crois Michou, après tout, le fait que tu arbores une tache de moutarde sur ta barbe ne veut pas dire que tu ne sais pas tenir ta maison. Je ne juge pas par les apparences.

Et les autres n'étaient pas mieux.

- C'est quoi cette odeur?
- Pardon?
- Cette odeur, là. On dirait du moisi, ou un rat crevé.
- Ah bon? Moi je sens rien hein!
- Ça vient des armoires, je crois.
- Oh là là mais qu'est-ce que vous allez imaginer là! Non ne les ouvrez pas, tout va bien!

Là j'ouvre, et je remarque que toutes les étagères sont couvertes de moquette pourrie. Mais pas "pourrie" comme dans moche, "pourrie" comme dans "en état de décomposition avec de la mousse dessus".

- Oui donc c'est moisi quoi.
- Oh oh comme vous y allez! Ah c'est bien la jeunesse ça! Non non, ça sent juste un peu le renfermé. Il suffit d'ouvrir la fenêtre.

Et quand elle a ouvert la fenêtre, j'ai eu un petit aperçu de mes potentiels voisins.

- Voilà, comme je disais, ça va aérer tout seul...
- J'VAIS VOIR LES FLICS ET JE LEUR RACONTE TOUT! TU M'ENTENDS TOUT!
- SALE PUTE! J'VAIS T'CREVER!
- Heum, et sinon, vous avez vu? C'est du vrai parquet!

Désolée Micheline, je ne sais pas si le parquet qui sent la pisse de chat pourra me convaincre à lui seul de rester dans ton appart moche, avec trois mètres de plafond, une odeur de moisi et des voisins psychopathes.

Donc je commençais à déprimer un peu et à me dire que c'était impossible de trouver un appart bien à Strasbourg à moins d'être fils de milliardaire, j'avais même envisagé prendre le dernier que j'avais vu:

- Voilà voilà. Y'a pas beaucoup de place, mais au moins vous chauffez pas trop l'hiver!
- Et la kitchenette, elle est où?
- Juste là, dans le placard du couloir.

Donc je t'explique l'agencement, le mec qui a eu cette idée était un vrai génie de l'intérieur : tu as le couloir qui mène à la pièce principale, et c'est un tout petit couloir. Au milieu tu as des portes d'armoire, et quand tu les ouvres, tu as deux plaques électriques et un évier microscopique. Seulement, une fois que les portes sont ouvertes, tu peux plus bouger, parce qu'elles bloquent l'intégralité du couloir. Tu dois donc rester debout, avec les deux épaules qui touchent les portes du placard et le dos qui touche le mur du couloir.

Et Michelin il essayait désespérément de me vendre son truc:

- Oui mais comme ça au moins vous aurez pas de mauvaises odeurs quand vous faites la cuisine! Et si vous avez des invités, ils verront pas la vaisselle sale.
- Oui. Et comme ça j'encouragerai l'économie mondiale en dépensant tous mes sous chez Pizza Hut.
- Mais oui, exactement!
- Je plaisantais.
- Ah.

Et puis ensuite, dieu merci, je suis tombée sur cette petite crème de studio.

Les plafonds sont pas trop hauts, y'a plein de place, mes voisins d'à côté je les ai jamais vus, mes voisins du dessous j'en ai pas, au-dessus, je n'entends que le cliquètement occasionnel de talons aiguilles (je n'ai pas encore décidé si c'était une voisine, ou juste un voisin chelou), et en face, j'ai un hospice de petits vieux et les salles d'archivage de la fac dentaire. Le voisinage parfait.

Bon, c'est vrai que j'ai pas de double vitrage et que du coup j'entends les lycéennes d'à côté passer sous mes fenêtres pendant que je lis mes livres d'économie chiants:

- J'Y DIS VAS-Y QUOI C'EST BON TU VEUX JUSTE ME NIQUER!

La mondialisation paraît soudain bien peu de chose à côté des ennuis de Jennifer.

- COMMENT J'LUI AI MIS SA RACE SUR FACEBOOK A L'AUTRE CRASSEUSE!

(Est-ce que toutes les ados parlent comme si elles voulaient que le monde entier les entende, ou bien s'agit-il juste d'un problème d'audition précoce lié à une overdose de Rihanna à fond les manettes dans le walkman?)

Mais sinon, c'est l'appart de rêve. Pas de bruit, pas de moisi, dix ans de réserve de chips, une connexion en fibre optique, et Professeur Flaxou qui vient se foutre à poil tous les week-ends. Que demande le peuple?

(Des fois le peuple demanderait bien un petit slip ou deux, mais il faut savoir s'adapter dans la vie ma petite Ginette.)

dimanche 3 octobre 2010

la perle du mois!

 (J'aime bien cette photo parce que vas-y la pose de winners quoi.)

Et c'est du seuil de la mort (et du fond de ma couette) que je vous livre ces perles. Alors un peu de gratitude, je vous prie.

Ah, et aussi, ça m'embête de devoir mettre des numéros et ensuite de compter vos votes et tout, alors plus de votes. J'ai décidé.


"Personne n'a jamais mis sa tête aussi profondément dans le cul d'une cigogne." Sarah

"C'est pas Gérard Depardieu qui a écrit Germinal?"Sarah

"Tu m'inerves...je pourrais dire tu me solnerves ou tu me sinerves, mais ça serait moins bien." Sarah

"Mais toi t'es un peu abruti du zizi." Sarah

"Plus j'te regarde et plus j'te trouve pas belle" Patricia (maman de Fla et Flo)

"C'était un nom un peu comme Fabien ou... Jean-Luc." Moi

"Tu pues de la gueule, tu pues du cul, tu pues de partout!!" Moi

"La voyeuse va ouvrir les yeux" Professeur Flaxou


"J'vais t'appeler Pinot Gris. Parce que t'es toquée, mais on a plus le droit de le dire." Professeur Flaxou



- T'imagines si la vie était une comédie musicale? Tous les matins tu te lèves et tu chantes "J'me brosse les deeeents"
- "J'me gratte la fouuufe!" 

- J'vais y aller et devenir la belle-fille préférée, en souplesse.
- T'es déjà la copine préférée grâce à ta souplesse.

- Pit Baccardi il était super!
- Il aimait le rhum? (Flo)


- Avec Cha, j'ai l'impression de dormir avec une bouillotte d'un mètre soixante.
- Sois pas méchante! Elle est pas aussi large!


- A New York t'avais toujours envie de pisser.
- Oui mais c'est parce que New York, on l'appelle the big apple. Et le jus de pomme...ça fait pisser!


- C'était un nom du genre Ashley.
- Mashley?

- Tu parles de qui? De la chatte ou de Sarah?
- C'est pas la même chose?

- Mais comment ça brûle pas quand tu pètes?
- Ça brûle!

- Je voulais te taper et y'avait pas de tête! T'es la femme sans tête!
- Tu le savais pas déjà?


- Salut le chat! Ouh mais qu'est-ce que c'est que ce tout petit bout de queue?
- Tu dis ça à Fla?

- Une fois j'ai fumé du charbon à la chicha.
- Mais...c'est le tabac qu'il faut fumer! Le charbon c'est mauvais! Regarde Germinal!!


- J'aimerais bien donner mon nom à une école. Ça en jetterait : "École Charlotte H..."
- "...Pour handicapés de la vie"